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Fondation Pinault à la Bourse du commerce : les communistes posent leurs conditions

Danièle Premel a présenté notre voeu adopté concernant nos conditions pour approuver la Fondation Pinault à la Bourse du commerce. Nous demandons que les obligations qui pèsent sur la fondation Pinault soient les mêmes que sur les établissements publics de même nature : politique tarifaire, travail envers les publics les plus éloignés de l’art contemporain, mise en place d’actions culturelles hors les murs avec un partenariat des musées de la Métropole.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

Reconnaissons que l’accord passé entre la ville et la fondation Pinault n’est en rien une Délégation de Service Public ni une réponse à un appel à projet sur la Bourse du Commerce.

Malgré le cadre d’un bail emphytéotique de 50 ans avec la fondation Pinault, ne nous empêchons pas d’avoir un dialogue constructif avec le porteur de projets.

Les choix politiques de l’Etat font que le budget de la culture reste un « nain » budgétaire et qu’il ne permet pas une politique ambitieuse d’accès à la connaissance et aux arts. Ce recul du rôle de l’Etat en matière d’achats et de diffusion de l’art fait que sans le mécénat, les partenariats divers et variés et l’initiative privée, beaucoup d’expositions voire de créations de lieux nouveaux ne pourraient voir le jour.

Le mécénat est vieux comme la Rome antique mais, aujourd’hui, celui-ci crée un déséquilibre entre le public et le privé et de ce fait la place faite aux fondations privées devient très, trop importante d’autant plus que dans ce capitalisme mondialisé en particulier dans l’art contemporain peut être un fonds de placement très rentable bénéficiant d’une fiscalité avantageuse.

Notre vœu s’inspire d’une philosophie simple il faut que les obligations qui pèsent sur la fondation Pinault soient les mêmes que sur les établissements publics de même nature. Pas moins, pas plus.

Avant de détailler rapidement celles-ci, je voudrai exprimer notre satisfaction que le nom de la Bourse du commerce, qui est connu et fait parti de l’histoire de Paris soit préservé. Cela montre que la voix des parisiens relayés par la municipalité peut être entendue si elle est assez cohérente et forte. Il est de plus un clin d’œil à l’origine de la fortune de la famille Pinault.

Nous souhaitons que la politique tarifaire soit celle des établissements de même type appartenant à la ville de Paris ce qui permet un accès de toutes et tous.

Nous pensons que des liens doivent être tissés avec les établissements publics abritant des collections d’art contemporain.

Nous pouvons imaginer qu’un tel lieu à mi-chemin du Louvre et du centre Pompidou permette d’offrir un cheminement culturel à un même public diversifié.

Enfin comme cela se pratique à Beaubourg ou dans les musées de la ville de Paris une sensibilisation, des ateliers, des rencontres spécifiques doivent y être organisés afin qu’un travail envers les publics les plus éloignés de l’art contemporain se développe.

Peut-être que les futurs Basquiat, Harding, Picasso ou autre Soulages sont actuellement en CM2 à la Goutte d’or ou dans le quartier St Blaise, permettons leur de se frotter aux talents et à la diversité de l’art contemporain. Et même s’ils ne prenaient pas la voix de la création, ne manquons pas la possibilité d’en faire des amateurs éclairés.

D’autre part, il serait souhaitable que, comme les grands musées nationaux, la fondation Pinault mette en place des actions culturelles hors les murs dans un partenariat avec les musées de la Métropole autour de paris afin que sur la base de cette coopération les populations des territoires puissent bénéficier du niveau d’excellence la Bourse du commerce et que celle-ci en retour soit enrichi du capital d’expérience de ces musées périphérique. Enrichi..Capital les mots à multiples sens comme les œuvres de l’art contemporain.

Cet engagement envers ses différentes obligations que nous attendons n’est en quelque sorte qu’un retour pour M.Pinault qui a fait sa fortune en France , il doit pouvoir donc rendre aux Français une partie des impôts qu’il aurait dû payer.

« Il faut être élitaire pour tous » disait Antoine Vitez, ce qui vaut pour le spectacle vivant, vaut aussi pour l’art contemporain.

Pour nous le projet de la Fondation Pinault n’est pas une simple réhabilitation d’un monument historique mais bien un lieu vivant. Son projet doit viser la collaboration avec les acteurs et les partenaires et dont les initiatives faciliteront l’accès des populations aux activités proposées et à la culture en général dans un souci d’ouverture à tous les publics.

Je n’ai pas cité aussi une raison essentielle pour nous, cette opération permettra la réalisation de logements Quai de Valmy, dont 70% de logements sociaux.

C’est à la condition de ces engagements que nous voterons la délibération DU 62.

Publié le

7 juillet 2016

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