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Protocole SNCF-Mairie de Paris : "Oui au logement mais pas au détriment des services publics et de l’emploi industriel"

Nous soutenons cette convention qui permettra la construction de nouveaux logements sociaux à Paris, pour aller vers ce Paris pour tout-e-s accessible aux classes populaires. Mais ce projet ne doit pas se faire aux dépends de l’activité ferroviaire parisienne, indispensable pour impulser la transition écologique. C’est en ce sens que notre vœu adopté garantit la préservation des terrains stratégiques pour le développement des activités de la SNCF. Retrouvez l’intervention de Didier le Reste.

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Avec cette délibération, nous pourrions si, nous n’y prenions pas garde être au cœur d’une contradiction entre deux ambitions politiques que nous affichons.

La première nous l’avons déjà dit est l’impérieuse nécessité de construire du logement social et intermédiaire à Paris. Et nous le savons les parcelles ferroviaires, comme le foncier libre au sein des emprises de la RATP ou dans le patrimoine de l’APHP sont les rares gisements d’importance qui restent dans Paris intra-Muros.

La seconde est la nécessité de travailler au maintien de l’activité économique liée au ferroviaire en particulier en matière de logistique. Ce développement de solutions alternatives à la route que sont à la fois le rail et le fleuve sont aussi au cœur de nos préoccupations et dans le périmètre de la MIE présidée par mon ami et camarade Nicolas Bonnet. Les conséquences positives pour les parisiennes et les parisiens de ces choix d’un transport propre permettraient de diminuer une part importante de gaz à effets de serre et les micro particules que nous avons tous ici dénoncés.

Nous sommes cohérents et nous avons souhaité entendre les cheminots eux-mêmes et leurs organisations syndicales sur ce projet de délibération.

Je crois savoir, madame la Maire, que vous avez été destinataire d’un courrier de la fédération CGT des cheminots qui vous alerte sur le peu d’information en direction des salariés et le peu d’empressement de la SNCF à les associer aux décisions prises par l’entreprise.

Car, réunifiées ou pas la SNCF et es RFF ont toujours à faire face à un endettement important du fait que l’Etat n’a pas voulu répondre à ses obligations à l’égard de ces deux entreprises.

Je cite Cédric Robert, responsable CGT cheminots, dans son courrier du 5 mars dernier : « Ainsi la création de la branche immobilier au 1er juillet 2015 au niveau de l’EPIC de tête SNCF, vise essentiellement à la recherche du cash pour pallier le déséquilibre financier d’un système asphyxié par les politiques publiques. »

La vente des parcelles, fussent-elles, pour du logement à Paris ne peut s’appuyer sur la seule logique comptable et sur la seule nécessité de tenter de combler le déficit.
Notre vœu qui complète cette délibération pose les éléments de l’équation.
Je le résumerai ainsi.

Oui au logement mais pas au détriment de l’implantation de services publics et de l’emploi industriel.

Oui à la publication par la SNCF des études sur les parcelles « emprises industrielles rendues inutiles aux missions d’exploitation et de transport ».
Oui à la consultation de la commission du conseil de Paris intérressée par ce sujet afin que la liste des parcelles fasse l’objet d’une approche contradictoire, tant des salariés voire si possible des usagers et des riverains.

Oui que notre PLU préserve des espaces pour les activités industrielles et de logistique.

Oui que la SNCF engage une concertation avec les entreprises frontières ou dans son patrimoine afin qu’elle envisage leur avenir, comme cela pourrait être le cas pour le Tunnel Baron le Roy.

Vous comprendrez qu’il ne s’agit pas pour nous de rogner sur notre programme ambitieux de logement dans Paris, mais bien de ne pas injurier l’avenir et de préserver des espaces pour des activités économiques à proximité des pénétrantes rail.

Dans la mesure où le sort de notre vœu est positivement apprécié nous voterons cette délibération.

Publié le

19 mars 2015

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