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QUESTION D’ACTUALITE SUR LE LOGEMENT SOCIAL A PARIS

Au début de cette mandature, conformément à nos engagements devant les électeurs, la Ville a initié la création de 40 000 nouveaux logements sociaux d’ici 2014. Le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche est particulièrement attaché à ce que leur réalisation se fasse à l’échelle du territoire parisien dans son ensemble, et encourage ainsi la plus grande mixité sociale possible. Comme Monsieur Jean-Yves Mano l’a plusieurs fois répété, la municipalité partage cette conviction.
Nous le savons cependant, un certain nombre d’élus et de maires d’arrondissements de droite s’y oppose. Sous le prétexte hypocrite de ne rien avoir contre le logement social, ils n’en veulent pas chez eux, ils l’aiment mais de loin, dans le Nord et l’Est de Paris. Comme une grande enquête parue dans le journal « Libération » le rappelait au mois de mai dernier, dans le seizième arrondissement, tous les moyens sont bons pour empêcher la réalisation de logements sociaux : pétitions de riverains, procédures devant les tribunaux, mais aussi surenchères de stéréotypes ignobles et campagnes de dénigrement tous azimuts. On pouvait ainsi lire dans le « Figaro » en février, une édifiante remarque de Claude Goasguen à propos de logements sociaux à proximité d’une ambassade : « cela va poser des problèmes de sécurité évidents ». Cela reflète surtout une idéologie où le mépris de classe ne s’embarrasse de rien : ni de vérité, ni de complexes.
Plus préoccupants et plus décomplexés encore, ces propos du Président du groupe UMP dans Le Parisien, en mai dernier, à propos de l’insécurité dans le quinzième arrondissement : « depuis six ou sept ans, la Mairie de Paris nous envoie des familles du nord de Paris en grande difficulté avec, chez certaines, des délinquants récidivistes ». Cette déclaration, indigne d’un élu de Paris, bouffie de mépris pour les habitants des arrondissements populaires de la capitale, a scandalisé plusieurs élus des 18, 19 et 20e arrondissement qui ont réclamé des excuses à Jean-François Lamour. Nullement ému, celui-ci a déclaré à l’AFP qu’il ne « pensait pas » avoir précisé « l’origine géographique des familles ». Curieuse pirouette : ne pas s’excuser au prétexte de ne plus vraiment savoir ce que l’on a dit. Les Parisiens s’en souviendront, eux.
La situation est inquiétante. Une partie de la droite parisienne n’a visiblement pas digéré ses défaites électorales de 2001 et 2008. Elle aimerait se barricader dans certains arrondissements qu’elle voit comme son territoire au mépris de l’unité de Paris. Se considérant comme les derniers chevaliers en déroute qui défendent le bon voisinage du riche contre le pauvre, la veuve et l’orphelin, ces élus n’hésitent pas à jouer sur les mots et sur les fantasmes les plus vils : méfiance vis-à-vis de l’autre et égoïsme social. Pour eux, le locataire d’un logement social est forcément dangereux et sournois. Surtout, c’est un étranger dans sa propre ville, un étranger dans des arrondissements bourgeois qu’il faudrait préserver de toute mixité. On répète ici en ce qui concerne le Nord de Paris, les mêmes caricatures haineuses que l’on entend dès que l’on parle d’immigration.
C’est pour cette raison, Monsieur le Maire, que le Groupe communiste et des élus du Parti de Gauche s’adresse à vous, aujourd’hui, afin de savoir ce que la ville compte faire pour réaliser la mixité sociale que nous espérons tous, à gauche. Nous voudrions connaître les actions et les réalisations, envisagées et à venir, dans les arrondissements de l’Ouest de Paris, afin d’atteindre le plus harmonieusement possible le seuil des 20% de logement social en 2014.

Publié le

10 juin 2010