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Question d’actualité sur la renégociation du contrat de présence postale 2017/2019

Que va faire la Ville de Paris pour défendre le service public de la Poste ? Voilà la question qui se pose à nous à l’heure où l’État et la Poste veulent fermer toujours plus de bureaux et supprimer toujours plus de poste à Paris et ailleurs. Nous demandons à la Maire de Paris de s’engager pleinement dans la bataille pour défendre la qualité du service public.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet-Oulaldj

Madame la Maire, mes chers collègues,

Le groupe La Poste est actuellement en pleine renégociation de contrat de présente postale territoriale 2017/2019 avec l’Etat, l’Associations des Maires de France et l’observatoire national de la présence postale présidé par le sénateur de la Loire Jean Claude Frecon.

Ce contrat définit les missions des points de contact de la Poste mais également les modalités d’utilisation du fonds national de péréquation qui permet d’aider à la rénovation des bureaux et de mener des actions d’accompagnement du public dans les quartiers prioritaire.

Je rappellerai d’abord que ce contrat national découle de la privatisation de la Poste, privatisation contre laquelle toute la gauche s’était mobilisée à l’époque.
Nous sommes très étonnés que la Cour des Comptes ait rendu public plusieurs rapports réclamant que la Poste fasse des économies drastiques quelques semaines seulement avant le début de la renégociation.

Elle recommande la redéfinition des critères d’accessibilité en zone urbaine et demande d’accélérer le processus d’externalisation. Mais également la diversification des activités, du passage du permis de conduire à l’installation d’imprimante 3D dans les bureaux, m’étonne également. A ce stade, ce n’est plus de la diversification, c’est surtout une grande confusion.

Je suis d’autant plus inquiet que l’enjeu pour Paris est important. D’abord parce que le nombre et la surface des quartiers prioritaires ont beaucoup diminués avec la réforme de la politique de la Ville. Le risque est que plusieurs bureaux de Poste soient abandonnés.

D’autre part, La Poste choisit de fermer certains bureaux dans Paris. Pour pallier à ces fermetures, des « Relais Poste » ouvrent dans des enseignes commerciales comme les supermarchés Franprix. Je trouve cette perspective dangereuse car elle contribue à la confusion entre mission de service public et prestations commerciales.

Voilà pourquoi, avant d’être placé devant le fait accompli, je souhaite que la Ville s’implique grandement dans la renégociation du contrat de présence postale territoriale. Déjà en travaillant avec la direction francilienne de la Poste sur l’état actuel de l’offre postale à Paris, la situation de l’emploi au sein du groupe et également autour des projections démographiques car de nombreux quartiers vont sortir de terre dans les années à venir et qu’il faudra bien que la Poste y soit représentée.

Enfin, Madame la Maire, il est important que vous soyez très impliquée dans cette négociation au travers du rôle de Paris au sien de l’AMF. C’est la qualité du service public à Paris qui est en jeu. De plus, cette implication pourrait être utilement complétée par un débat en Conseil de Paris sur la présence postale avant que l’AMF, l’observatoire et l’Etat n’aient à se prononcer sur le futur contrat de présence postale..

Merci

Retrouvez l’intervention et la réponse en PDF

Publié le

15 juin 2016

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