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Question d’actualité relative à l’avenir des 315 salarié.es de Vélib’

Nicolas Bonnet Oulaldj interroge la Maire de Paris sur le devenir des 315 salariés de Vélib’ dans l’hypothèse d’une perte du marché par l’actuel prestatire JCDecaux.

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Au-delà des précautions qui sont reprises et que vous avez rappelées, j’ai une principale préoccupation : c’est celle des hommes et des femmes qui font vivre Vélib’ à Paris, aujourd’hui, et de leur famille. Le contrat d’exploitation est arrivé à échéance. A cette occasion, le choix a été fait de découpler la gestion des vélos en libre-service de l’exploitation de l’affichage publicitaire. Dans le même temps, un syndicat intercommunal dédié à la gestion de Vélib’ et d’Autolib’ a été créé pour assurer la gestion à l’échelle métropolitaine. Cependant, la Ville continue à jouer un rôle important dans ce syndicat qui est présidé par une conseillère de Paris, Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE. Par ailleurs, Christophe NAJDOVSKI, votre adjoint, est désigné membre de la commission d’appel d’offres.

Cela dit, il y a quelques jours, nous apprenons, par voie de presse, que la procédure arriverait à son terme et que la CAO attribuerait l’exploitation des Vélib’ à une nouvelle entreprise. Il semblerait - et j’ose espérer que ce n’est pas le cas - que la raison principale de ce choix serait liée au montant de l’offre qui serait inférieur à celui proposé selon les prestataires depuis sa création. Si ce choix est guidé par des considérations financières, elle aura un prix et deux risques majeurs.

Le premier prix, je l’évoquais, concerne directement les salariés, qui sont venus ce matin se rassembler devant l’Hôtel de Ville. Ils sont d’ailleurs présents en tribune par l’intermédiaire des représentants du personnel. Je voudrais vous interpeller sur le devenir de leur emploi et que le Conseil de Paris puisse être saisi sur cette question. Car si l’offre moins chère, dite aussi offre qui repose sur le moins de salariés et sur les conditions de travail dégradées, ce serait aujourd’hui 315 personnes qui risqueraient de perdre leur emploi, 315 familles qui pourraient se retrouver en grande difficulté dans quelques mois. Ce matin, l’un d’entre eux me disait : "Il y a 10 ans, quand j’ai été embauché, je venais juste de terminer mon service militaire. Depuis, j’ai une famille, j’ai un emprunt, j’ai une maison et je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir". Voilà la raison principale de notre interpellation.

Je tiens aussi à rappeler la qualité du travail qu’ont réalisé ces salariés tout au long des 10 dernières années à la plus grande satisfaction des Parisiens, comme le confirment les prix décernés aux services ces dernières années. En bout de course, c’est la qualité de service aux usagers qui est en jeu. Une qualité de service qui repose sur des agents compétents, formés, sur des emplois locaux, du mécanicien aux opérateurs du centre d’appels. Il faut d’ailleurs noter que ce service d’appels est entièrement implanté en France. Ce sont 45 salariés. C’est à souligner, car on sait que la plupart des opérateurs n’hésitent pas à délocaliser leurs centres d’appels à l’étranger pour réaliser des économies sur les salaires.

Voilà pourquoi, si la décision devait se confirmer, les élus communistes exigent que l’ensemble des salariés soit repris par le futur repreneur dans les mêmes conditions salariales. Par ailleurs, toujours dans la perspective où le choix serait confirmé, nous demandons à la Ville de nommer au plus vite un médiateur. Ce médiateur serait chargé d’assurer la transition et d’éviter le drame des licenciements massifs. Nous attendons aujourd’hui de votre part et de la part de l’Exécutif des réponses et un soutien auprès de ces usagers.

Bien sûr, on a compris que l’on est en cours de procédure, et pour l’instant on ne peut pas affirmer que l’un ou l’autre prestataire gagnera ce marché.

Cela dit, je réaffirme ce que j’ai dit sur la question des 315 salariés qui doivent être repris avec les conditions salariales actuelles, et dans le cas où c’est une nouvelle entreprise qui prend, que l’on puisse nommer un médiateur pour s’assurer de la reprise de ces salariés. La manière dont vous m’avez répondu, cher Christophe NAJDOVSKI, c’était "on verra après, ce sera selon les négociations entre patrons".

Ce n’est pas acceptable parce que la qualité du service de Vélib repose exclusivement sur ses salariés, qui sont finalement les pionniers, puisqu’ils ont été les premiers à être formés et ont une expérience très précise, rue par rue, et la connaissance du dispositif.

Au début, il y a eu certains flottements. Des stations étaient sans vélos, d’autres pleines de vélos. On a réussi à améliorer ce service et cela a été récompensé.
Le futur dispositif ne pourra pas se faire sans la qualité de service ni sans les salariés actuels.

Je vous remercie.

Publié le

2 avril 2017

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