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Question d’actualité relative à la précarité étudiante

Près d’un étudiant sur deux ne mange pas à sa faim. Près d’un étudiant sur deux renonce à se soigner. Près d’un étudiant sur deux est obligé de se salarier. Et ces étudiants salariés sont ceux qui échouent le plus.
Jean Noël Aqua demande à la Maire de Paris quelles seront les mesures du budget 2020 pour répondre aux difficultés de la précarité étudiante et d’interpeller le gouvernement sur la situation des étudiant-es à Paris.

Retrouvez sa question d’actualité.

Madame la Maire mes cher.es collègues,

Les étudiantes et étudiants se sont réunis devant le Crous mardi soir suite à l’immolation d’Anas K, étudiant de Lyon-II, après la perte de sa bourse étudiante. Ce geste tragique démontre la violence sociale de la précarité étudiante. Violence qui touche beaucoup de secteurs, dont l’hôpital qui manifeste largement en ce moment même, avec notamment les collègues de mon groupe.

Mais revenons aux étudiants. Près d’un étudiant sur deux ne mange pas à sa faim. Près d’un étudiant sur deux renonce à se soigner. Près d’un étudiant sur deux est obligé de se salarier. Et ces étudiants salariés sont ceux qui échouent le plus.

Il est irresponsable d’ignorer les cris de détresse des étudiants. C’est pourtant ce que fait le gouvernement. Il a l’indécence de `questionner’ la motivation politique d’Anas. La porte-parole affirmait que la majorité avait beaucoup fait pour les étudiants. C’est vrai : il a augmenté les frais d’inscription ; augmenté les loyers des cités universitaires ; augmenté les prix des restaurants universitaires ; diminué les APL ; créé une nouvelle taxe, la CVEC.

Et dans le projet de loi de finances, il prévoit une nouvelle baisse des moyens des universités. La dépense par étudiant atteint son plus bas niveau depuis 2008 !

Le gouvernement est prompt à condamner ce qu’il qualifie de « violence » en parlant des mobilisations étudiantes. Mais en même temps, il inflige sa violence sociale au quotidien. Il est le pyromane-même pas pompier, de la colère actuelle.

Dans ce contexte, Paris est la ville universitaire la plus chère de France avec un loyer moyen de 873 euros par mois par étudiant.

Notre majorité a fait beaucoup pour les conditions de vie étudiante. En commençant par le logement et la création de logements sociaux, près de 1000 par an. Mais aussi en réclamant le retour de l’encadrement des loyers. Notre groupe a demandé et obtenu le maintien à niveau de l’AILE, l’aide à l’installation dans un logement. Nous continuons par ailleurs de demander des mesures de gratuité des transports pour les étudiants.

Enfin, vous savez que le Conseil constitutionnel a infligé un camouflet en invalidant l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants non-communautaires. Les motivations de l’arrêt concernent en fait les frais dans l’ensemble des établissements publics supérieurs. Les frais d’inscription devraient donc diminuer dans beaucoup d’établissements. Comment y travailler désormais ? A commencer par Paris.

Aussi, je souhaitais vous interroger Madame la Maire :
-  Que prévoyez-vous dans le cadre du budget 2020 pour répondre aux difficultés de la précarité étudiante ?
-  Envisagez-vous d’organiser un processus visant à mettre à plat les frais d’inscription dans les établissements supérieurs parisiens, et leur faire respecter l’avis du Conseil constitutionnel ?
-  Prévoyez-vous une interpellation du gouvernement sur la situation estudiantine spécifique à Paris ?

Publié le

15 novembre 2019

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