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Question d’actualité sur l’exercice de simulation de la crue centennale

Intervention de Nicolas Bonnet-Oulaldj

Madame la Maire
Monsieur le Préfet,

Ma question concerne le bilan et les perspectives suite à l’opération « EU Séquana » envisageant une crue centennale à Paris et ses conséquences.
Pendant plus d’une semaine, l’opération « crue centennale » a mobilisé l’ensemble des pouvoirs publics, les entreprises de transports, les collectivités locales, les médias.

Je tiens à les féliciter pour leur professionnalisme.

C’est une bonne chose car les parisiens et les franciliens doivent connaitre les conséquences dans tous les domaines d’une crue exceptionnelle : Transports bloqués, économie au ralenti, hôpitaux engorgés, distribution d’eau potable et possibilité d’épidémies etc etc…Le scénario catastrophe est un des scénarios probables.

Rappelons que 8% des logements de la Région Parisienne, 100 000 entreprises et 750 000 emplois subiraient des conséquences graves de cette crue, pour un coût estimé à 30 milliards d’euros et 0,1 à 0,3% du PIB.

Mais je regrette que l’on n’ait pas profité de ce moment pour parler de la prévention du risque d’inondation.

Il n’a pas été suffisamment rappelé le rôle de l’Établissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs, dans le travail en amont pour éviter cette crue.
Déjà des dispositifs existent, ils ont permis d’éviter que Paris et sa banlieue ne soient submergés par une grande crue.

Des projets pertinents et utiles doivent voir le jour ils réclament une forte volonté politique en matière d’investissement.

C’est le cas du projet des 10 casiers de La Bassée qui ne coûterait lui que 600 millions d’euros pour 55 millions de mètres cubes stockés. Pour l’instant seule la création d’un casier pilote a été décidé pour la somme de 100 millions d’euros pour un stockage de 9 millions de mètres cubes.

Selon certaines études cet investissement permettrait un écrètement de la Seine entre 20 et 60 centimètres en cas de crue et d’éviter 2,3 milliards d’euros de dommage.

Au dernier budget nous n’avons pas été suffisamment entendus et les collectivités départementales adhérentes ont toutes diminué leurs contributions au budget de l’EPTB. Ce qui ne permet pas la réalisation de la totalité du projet de caissons préventifs.

Les décisions du gouvernement en matière de baisses de dotations montrent avec cet exemple une de ses sinistres conséquences.

Je ne crois pas que la Métropole qui a désormais la compétence GEMAPI sera en capacité de faire les investissements nécessaires.

Prévenir cela veut dire renoncer à l’asphyxie financière des collectivités locales et faire que les politiques publiques françaises traitent aussi bien les causes que les conséquences.

C’est un choix « gérer les risques », c’est une logique qui renforce les appétits gargantuesque du secteur des assurances ou de les « prévenir ». Le vieil adage ne dit-il pas prévenir c’est guérir ?

Je souhaite donc qu’en tant que représentant de l’Etat vous nous fassiez part de votre point de vue sur l’exercice, mais aussi sur les investissements prévus pour prévenir toutes les crues y compris centennale ?

Publié le

30 mars 2016

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