Rechercher sur le site

La Ville de Paris épinglée sur sa gestion de Paris Plage

Le groupe Communiste-Front de Gauche a toujours soutenu l’opération estivale de Paris Plage et continuera à la soutenir tant il est important que les parisiennes et les parisiens qui ne peuvent partir en vacances puissent profiter du beau temps. Malgré tout, le récent rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion de Paris Plage pointe de sérieuses problématiques de gestion auxquelles la Ville de Paris devra répondre dans l’intérêt de tous. Retrouvez l’intervention de Sergio Tinti

Madame la Maire, mes cher(e)s collègues,

Paris-Plage est incontestablement un succès auprès des Parisiens et des Franciliens. Créée en 2002, cette manifestation proposant nombre d’animations et d’activités gratuites, a réuni sur les berges de notre ville près de 4 millions de personnes en 2012 et en 2013. Elle a même inspiré la tenue d’évènements similaires dans d’autres communes françaises.

Le 27 juin 2014, la Chambre Régionale des Comptes d’Ile-de-France vous a informé, ainsi que votre prédécesseur de l’ouverture d’un examen de gestion par la ville de Paris de l’opération Paris-Plage.
Le 22 septembre 2015, la chambre a arrêté ses observations définitives sous forme de rapport,

Ce rapport donc, s’étant attelé à l’examen des éditions pour les exercices 2009 et suivants, pose nombres d’interrogations au stade du sur le pilotage et dans la gestion administrative et financière de l’opération rendant difficile, in fine, la connaissance du coût réel de Paris-Plage pour la ville.

L’organisation de l’opération Paris-Plage est partagée entre différentes directions de la ville et les prestataires, coordonnée par un régisseur extérieur pour la mise en place de l’événement, son exploitation, ou encore son démontage est pilotée par la Direction de l’Information et de la Communication (DICOM).

Pour autant, cette dernière semble être dans l’incapacité de fournir un quelconque compte-rendu des réunions de préparation de l’opération, arguant que la rédaction d’un rapport est superflue.

De plus, si à la fin de chaque édition, le régisseur établit un bilan et des propositions pour les éditions futures, il semblerait que ses observations ne soient pas pleinement prises en compte par la DICOM alors même qu’on nous assure qu’il est - toujours tenu compte du retour d’expérience de l’année précédente -.

La réussite de Paris-Plage, déjà avérée, ne pourrait que bénéficier d’une formalisation des échanges et des décisions que la Chambre Régionales des Comptes préconise. C’est une recommandation simple, qui permettrait une transparence à laquelle on ne peut qu’être réceptif.

Concernant les conventions de partenariats, nous ne pouvons que regretter les observations de la CRC en ce qu’elle met en évidence un décalage quasi-systématique entre l’approbation nécessaire de ces conventions par notre Conseil et la tenue de l’événement.

Dans de trop nombreux cas, l’approbation de notre assemblée délibérante est intervenue après la tenue de Paris-Plage. Et si nous nous étions prononcés favorablement à une convention de partenariat en amont de l’opération Paris-Plage, comme cela devrait être la règle, celle-ci était en réalité signée après son exécution. La possibilité de contentieux est alors énorme et inconsidérée.

Toutefois, Madame la Maire, vous semblez avoir d’ores et déjà pris la décision de remédier à cette situation en soumettant à notre approbation les conventions de partenariat avant leurs signatures et la tenue de Paris-Plage, et en concluant dans la mesure du possible, des accords pluriannuels. C’est tout le sens des recommandations de la CRC sur ce point, et nous ne pouvons que vous accompagner dans cette voie.

Aussi, la CRC recommande-t-elle d’élaborer un guide à l’intention des services décrivant avec précision la forme des partenariats pouvant être mis en place ainsi que leurs modalités de gestion. Nous sommes surpris d’apprendre que ce n’était pas le cas jusqu’ici. Nous espérons qu’un tel guide sera mis en place rapidement et nous seront attentifs à son contenu.

La DICOM, en ce qu’elle a en charge le pilotage de l’événement et la préparation des marchés à passer en vue de celui-ci, semble avoir fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’institution financière.

Nous sommes plus qu’interrogatif quant à l’absence de célérité dans la gestion budgétaire de Paris-Plage. Le rapport met en évidence une compensation irrégulière entre recettes et dépenses, et la difficulté qu’éprouverait la DICOM à évaluer précisément ses besoins, entraînant alors un bilan financier faussé. Sous l’effet de ces pratiques, le coût que chaque année vous nous présentez comme se trouvant dans une fourchette entre 1,5 et 2,2 millions d’€ serait en réalité proche des 5 millions d’€.
C’est regrettable, vous en conviendrez Madame la Maire, d’autant plus quand l’ironie de l’ordre du jour de notre Conseil veut que nous nous soyons prononcés sur le budget prévisionnel 2016.

Paris-Plage, comme le souligne très justement le rapport qui nous est soumis, est un atout majeur dans la communication de notre ville et sa médiatisation participe, de facto, à l’attractivité de Paris. C’est pourquoi il est essentiel que ces observations soient prises en compte dès la préparation de l’édition 2016 afin de retrouver la sérénité qui doit entourer cette belle manifestation populaire.

Je vous remercie.

Publié le

16 décembre 2015

Auteur-e-s