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Réaménagement des 7 places parisiennes : une ambition forte pour ces symboles de Paris

Intervention de Didier Le Reste

Madame la Maire,

Le débat organisé d’aujourd’hui concerne l’un des projets les plus emblématiques et symbolique de notre mandature. Ce projet de réaménagement des places de Paris suscite de nombreux débats au sein de notre Conseil et au-delà, et c’est bien normal. Nous touchons là au cœur de l’identité de notre ville en réaménageant ces témoins importants de son histoire, qui furent également les théâtres de nombreux évènements marquants de celle de notre pays.

Les Parisiennes et les Parisiens attendent beaucoup de ces modifications, et nous devons répondre à cette attention particulière par une ambition politique forte. Le réaménagement est un élément important du bilan de notre action, visible aux yeux de tous.

En ce sens, la réussite majoritairement partagée de la rénovation de la place de la République crédibilise l’action dans ce domaine de la majorité municipale. Cette place est devenue un véritable lieu de vie pour les Parisiennes, les Parisiens, les touristes et les habitants de banlieue, qui se sont réappropriés cet espace commun.

J’avais évoqué, à l’occasion du vote pour le plan propreté de Paris, le fait que l’espace public est des principaux vecteurs de lien social. L’amélioration du vivre ensemble, pour lequel nous nous engageons sans relâche, est profondément lié à une politique ambitieuse de l’aménagement de l’espace public.

Ces lieux de vie parisienne, sont pour certains des éléments marquants de l’histoire de France. S’ils ont atteint ce statut, c’est en grande partie parce qu’ils étaient et demeurent des lieux de rassemblement populaires. Il est temps de redonner à ces places cette dimension sociale, en permettant au piéton de disposer d’une part plus importante de leur usage.

Nous devons organiser une cohabitation apaisée de l’usage de l’espace public, si nous voulons faire de Paris une ville plus propre et moins polluée. Après une longue période de promotion de l’automobile, qui a impacté fortement nombre des projets de notre ville sur toute la fin du vingtième siècle, nous nous inscrivons donc encore davantage dans une période de rééquilibrage.

Notre politique vise à offrir une place plus importante aux piétons et aux cyclistes, s’insérant dans un cadre harmonieux avec la voiture et les transports en commun.
Les mots clés de ce projet sont donc l’ambition et l’innovation, pour remettre ces témoins de notre histoire au cœur de notre époque, et les inscrire dans l’avenir de notre ville. Ce choix de l’innovation se traduit dans la conception même de cet espace public, en préférant aux grands projets d’architectes de transformation de l’espace, une élaboration collective pour son réaménagement.

Une démarche collaborative, beaucoup moins coûteuse, associant les citoyennes et les citoyens, les services de la ville et les élu-e-s. Une méthode plus démocratique de l’appropriation de l’espace public, faisant le pari du collectif.

C’est justement cette ambition, cette volonté de production collective, qui motivera nos quelques remarques sur ce projet. La première concerne celle des conditions de ce débat, et plus précisément concernant la communication des études sur les différents reports de stationnement et de circulation.

Nous engageons une plus grande cohabitation entre les différents modes de déplacement. Cette volonté va dans le bon sens, mais elle doit se faire sur la base d’éléments concrets, notamment sur la connaissance des conditions du report des circulations automobiles que ces aménagements vont entrainer. Limiter la circulation sur ces places ne doit pas vouloir dire sursaturer les autres axes routiers de notre ville, et y accentuer encore davantage les phénomènes de pollution.

Les riverains des boulevards périphériques notamment, souffrent quotidiennement de taux de pollutions élevés. Nous devons faire en sorte de trouver une solution équilibrée, et nous devons le faire sur la base d’éléments vérifiés et vérifiables. En ce sens, nous regrettons le manque de communication sur l’étude des reports au moment de ce débat, qui n’est pas une question mineure dans l’élaboration de ce projet.

La deuxième remarque portera sur les moyens donnés à cette ambition. La délibération proposée aujourd’hui engage, pour sept places, moins de moyens que pour la seule place de la République. La méthode d’élaboration de ces places à également l’avantage d’être beaucoup moins coûteuse. Mais nous pensons que ce projet nécessitera davantage de moyens.

L’apport plus conséquent des citoyennes et des citoyens ne doit pas être pénalisé par un cadre trop contraint, il s’agit donc ne pas trop restreindre les propositions des collectifs par manque d’argent pour financer le projet. L’intelligence collective est tout à fait capable de faire émerger des grands projets, et nous ne devons surtout pas la limiter.

Ces quelques remarques ne remettant pas en cause l’adhésion du groupe Communiste Front de Gauche à ce projet, pour lequel nous partageons l’objectif et la méthode. Comme beaucoup de Parisiennes et de Parisiens, nous suivons avec beaucoup d’attention et d’intérêt sa mise en œuvre, dans l’objectif de faire de ce projet une complète réussite.

Je vous remercie.

Publié le

29 mars 2016

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