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Réaménagement des 7 places parisiennes : " Nous avons besoin de places populaires "

Intervention de Jean Noel Aqua

Monsieur le maire, chers collègues

Je reviendrai sur le projet de réaménagement des places parisiennes sous l’angle de l’appropriation des places et de la voirie par le vélo.

Comme l’ont souligné les intervenants de notre groupe, nous soutenons ce projet qui nous invite à repenser la place du piéton sur le territoire parisien.

La fonction de la ville a changé, comme les attentes de ses habitants. A contrario d’une vision d’un autre siècle siècle basée sur le tout-automobile, l’aménagement des places contribue à un rééquilibrage de l’urbanisme en faveur des piétons et des lieux de rassemblement.

Mais ce mouvement de rééquilibrage doit aussi concerner les modes de déplacement eux-mêmes. Notre capacité à organiser une cohabitation entre les différents modes de déplacement est un des grands enjeux de notre mandature.

C’est bien sûr l’articulation entre l’automobile et les transports en commun qui est concernée. Mais l’essor de la circulation en vélo doit être favorisée par l’aménagement de l’espace public.

L’utilisation du vélo à Paris a sensiblement augmenté. Entre 2001 et 2010, le nombre de déplacements en vélo a été multiplié par deux en Ile de France, et atteint 650 000 déplacements sur les quelques quarante millions de déplacements quotidiens.
La Ville de Paris peut mettre à son crédit une partie non négligeable de cette augmentation. La majorité déploie depuis 2001 une politique volontariste en faveur du vélo. On peut citer le réseau Vélib’ bien entendu, le soutien à l’achat de vélos, mais également et de façon indispensable, l’aménagement de pistes cyclables, et d’infrastructures de stationnement à proximité des transports en commun.

Toutes les prévisions montrent que cette tendance va s’accentuer. L’usage du vélo pourrait ainsi supplanter celui du bus d’ici deux à trois ans. Sur les plus 8 millions de déplacements motorisés inférieurs à 5 kilomètres, près de 6 millions d’entre eux pourraient être effectués en vélo.

Des chiffres qui nous poussent à vouloir davantage accompagner l’utilisation du vélo. Sans tout résoudre, celle-ci réduira de manière significative la pollution sonore et atmosphérique et participera d’une pratique régulière, si ce n’est sportive, du moins, d’exercice physique. Son développement améliorera durablement la qualité de vie des parisiens, et s’inscrit ainsi dans la transition écologique de notre ville.

Les places visées par la présente délibération sont des points névralgiques de la circulation à Paris, tant pour la voiture que pour les cyclistes. Elles sont souvent aujourd’hui des zones difficiles à traverser, dangereuses, freinant l’usage du vélo. La création et l’organisation d’une circulation cycliste fluide et sécurisée y aura donc toute son importance.

C’est voulons donc apporter une attention particulière à la traversée cycliste des places et pour cela, y mettre les moyens. C’est une raison supplémentaire qui nous inciter à dire que le budget de ce projet devra être renforcé pour être à la hauteur des enjeux.

L’aménagement de ces places a un rapport direct avec le plan vélo 2015-2020 que nous avions voté. Les remarques que nous avions formulées, notamment sur la création d’une nouvelle recette pour financer les aménagements dédiés à la pratique du vélo, sont toujours d’actualité.

Comme souvent en matière de réduction de la pollution et de transition écologique, nous pensons que les investissements sont insuffisants au regard des besoins.
La création d’une recette dédiée aux aménagements cyclistes en Île de France devient toujours plus indispensable, et pourrait notamment venir abonder ce projet de réaménagement. Nous avions proposé d’augmenter la contribution sur les parkings des grandes entreprises pour financer les aménagements liés au vélo.

Les changements de notre ville doivent lui permettre de réussir sa transition écologique. Pour la réaliser, il faut des moyens à la hauteur des besoins. Les apôtres de la réduction des dépenses publiques sont sur ce sujet encore, en complet décalage notre économie et notre société.

L’heure est à l’investissement, et à l’investissement public qui seul, peut permettre de prendre en compte les objectifs écologiques et sociaux à long terme, non exclusivement financiers. Le réaménagement des places parisiennes doit nous permettre d’écrire une nouvelle page du volontarisme de l’action publique dans l’intérêt social, économique, écologique et de santé de toutes et tous.
Un environnement de qualité pour tous. Rien n’est trop beau pour le peuple.

Publié le

29 mars 2016

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