Rechercher sur le site

Réforme des ARE : la Ville consacre des moyens importants au périscolaire

Depuis la mise en place de l’aménagement des rythmes éducatifs, le périscolaire est devenu l’un des services publics les plus importants de notre municipalité. La MIE montre que, malgré le cadre injuste de la réforme nationale des rythmes scolaires, la Ville a mis des moyens pour un périscolaire local ambitieux, même si des points doivent encore être améliorés. Un choix qui enrage la droite, et dont nous assumons pleinement le soutien. Retrouvez l’intervention d’Emmanuelle Becker

Madame la Maire,

À la mise en place de l’aménagement des rythmes éducatifs, le périscolaire parisien fût le sujet d’un débat particulièrement houleux, dans notre ville comme dans cette assemblée. Il est devenu depuis l’un des services publics les plus importants de notre municipalité.

Il était nécessaire de faire, à froid, un bilan sérieux de cette politique du périscolaire parisien depuis ce bouleversement que furent les ARE. Il est également important d’en dégager de nouvelles perspectives, pour combler ses manques et le développer.
Cette mission d’information et d’évaluation arrive donc au bon moment.

Le travail de cette mission fût, comme pour l’ensemble des MIE, un travail sérieux, rigoureux et documenté. Nous remercions d’ailleurs l’ensemble des membres de l’équipe, chargés de sa coordination et de sa rédaction. Leur professionnalisme, la rigueur de leur travail, mène toujours à la présentation devant cette assemblée de rapports pertinents. Ce sont de véritables bases de travail, pour les élu-e-s de notre ville mais également celles et ceux d’autres collectivités qui suivent le débat parisien avec attention. Nous remercions également le président de cette mission et la rapporteure, pour s’être engagés volontairement dans ce travail.

Tout au long de cette mission, nous avons pu nous rendre compte que l’engagement de ville pour un périscolaire de qualité est fort. Les moyens financiers et humains déployés pour les ARE en sont la démonstration la plus flagrante, mais l’on peut citer dans cette offre fournie, des dispositifs dont la qualité est unanimement reconnue : les ateliers bleus notamment, ou encore le dispositif actions collégiens, que notre groupe a régulièrement appuyé au sein de cette assemblée.

La ville met les moyens pour une politique d’éducation de qualité. C’est choix politique assumé, un des piliers de la gauche à paris, un élément fondateur de notre lutte pour la réduction des inégalités sociales sur notre territoire.

Ce bilan donne un panel large de ce que porte la notion de périscolaire, de ce que l’innovation des collectivités peut amener en complément du dispositif national. Paris fait beaucoup de choses et les fait plutôt bien, Paris innove et propose une offre de qualité aux enfants. C’est un fait, qui n’a jamais été remis en cause pendant tout le travail de cette mission, qui comptait des représentants de tous les groupes politiques du conseil.

Nous avions formulé des réserves sur le choix de l’exécutif précédent de mener au forceps une réforme qui a généré d’énormes difficultés. Même s’il reste encore beaucoup de travail à effectuer, on voit que beaucoup d’entre elles ont été atténuées, voire résolues.

Cette mission propose beaucoup de choses intéressantes. Développer, fluidifier et renforcer le périscolaire, avec des préconisations concrètes.

Nous sommes particulièrement satisfaits que cette mission rejoigne des positions que nous portons depuis longtemps : la mise en place d’un référent éducatif ville par école et la professionnalisation du métier d’animateur en ce qui concerne les ARE, et le renforcement d’action collégiens.

Cette politique éducative est un marqueur historique de gauche, identifié comme tel dans la population, au niveau national comme local. Nous ne sommes pas surpris de retrouver dans l’expression du groupe les républicains sa critique formulée depuis toujours à son encontre, celle du coût.

Pour ce culte de la rentabilité, dont la droite assume d’être le porte-parole, l’éducation pâtit d’un défaut majeur. C’est un des investissements les importants de notre service public, au niveau national comme local, mais il n’a pas de retour économique direct.
Il est difficile, voire impossible, d’adjoindre un quelconque chiffre de rendement aux dépenses scolaires. Les bénéfices d’une politique d’éducation se voient, au minimum, au bout d’une décennie.

Ce décalage à fait de l’éducation le puits à tous les fantasmes, à toutes les propositions les plus incohérentes et les plus farfelues. On a attribué à l’école tous les maux de notre société, tout en lui confiant la charge de les régler. On l’a appelé à être plus efficace, tout en réduisant ses budgets.

On a tenté de rationaliser cette école, de la juger avec les logiques de rentabilité appartenant à l’entreprise. On a multiplié les dispositifs d’évaluation des professeurs sur des critères toujours plus simplistes, tout en laissant sous le tapis la question de la revalorisation de leur rémunération.

C’est le prolongement de cette logique qui est portée contre le politique du périscolaire parisien. La ville dépenserait trop, elle jetterait l’argent public par les fenêtres. Nous pensons précisément l’inverse, et nous soutenons totalement la ville dans sa volonté de mettre des moyens conséquents pour ce service public de l’éducation.

L’école ouverte à tous et toutes, l’école qui a pour mission la réussite de chacun et chacune est source d’épanouissement pour chaque individu. Elle est aussi au cœur de l’originalité de notre République, dont les avancées sociales et humaines sont, essentiellement issues de l’intervention populaire, de la démocratie grâce à l’accès du plus grand nombre aux connaissances.

Nous pensons que les moyens mis dans l’éducation doivent correspondre aux besoins des enfants et des équipes enseignantes. Nous voulons une école de qualité, qui permette l’émancipation de tous, et c’est pourquoi nous pousserons toujours à ce que nous ne rognions pas sur ses marges de manœuvre.

Notre position est connue, mais il est toujours utile de la répéter. Nous sommes pour un service public de l’éducation nationale fort, qui garantit à tous les enfants un socle de savoirs communs, quels que soient leur conditions sociales. Un cadre qui gère en son sein la compensation des inégalités scolaires, qui permette à tous de maîtriser un large panel de connaissances.

Nous sommes toujours très critiques sur le principe même des ARE. La réforme de l’aménagement des rythmes éducatifs fait peser un temps important de l’apprentissage de l’enfant vers le périscolaire, et donc de la charge des collectivités. Le fait de confier au périscolaire, et donc aux communes, la demi-journée d’école supprimée sous Sarkozy instaure une territorialisation de logiques d’éducation.
C’est toute une partie de ces apprentissages qui relèvent maintenant de la responsabilité de nos communes. Une partie du temps de l’enfant à l’école devient tributaire de leurs orientations politiques locales, et surtout de leurs marges de manœuvre financières. Paris a pu assumer ce rôle, parce qu’elle avait déjà une politique sérieuse en matière de périscolaire, et qu’elle disposait encore de ressources lui permettant d’assumer cette tâche. Ce n’est clairement pas le cas de toutes les collectivités , et cela risque d’être à moyen et long terme très compliqué pour notre ville, avec les baisses successives de nos moyens infligées par l’Etat.
Car ce qui nous importe maintenant, c’est cette question : la ville de Paris a-t-elle mis des moyens pour offrir aux petits parisiens un périscolaire ambitieux ? La réponse est oui, en grande partie. La ville a engagé des moyens financiers et humains pour mettre en place un périscolaire de qualité et son effort est exemplaire au regard des communes Franciliennes. C’est pourquoi notre groupe votera favorablement à l’adoption de ce rapport, et que nous espérons que ces propositions se traduiront très vie dans les faits.

Publié le

18 mai 2016

Auteur-e-s