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Reponse au voeu des républicains et apparentés du 1/02/2016

Groupe communiste front de gauche au conseil d’arrondissement du 1/02/2016, en réponse au voeu déposés par les républicains et apparentés,relatif a la condamnation du mouvement boycott contre Israël
Catherine Chevalier Nicolas Liebault Hervé Beguès

Vœu De Nathalie Kosciusko Morizet , groupe républicains et apparentés, relatif à la condamnation du mouvement boycott contre le pays d’Israël. Le 1/02/2016
Effectivement, Vous aviez déjà déposé un vœu au mois de septembre, au conseil de Paris, demandant la condamnation du mouvement « Boycott, désinvestissement, sanctions, » et il n’avait pas été retenu mais vous revenez à la charge, Sans doute pensez-vous que les propos de monsieur Valls devant le CRIF, que vous reprenez, peuvent vous donner un nouvel argument.
En effet :
Le Premier ministre Manuel Valls a estimé le 18 janvier que « les pouvoirs publics doivent changer d’attitude » vis-à-vis des manifestations appelant au boycott des produits israéliens, qui participent selon lui à un « climat nauséabond ».
« On voit très bien comment on est passé de la critique d’Israël à l’antisionisme et de l’antisionisme à l’antisémitisme », a souligné le chef du gouvernement devant Les Amis du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Manuel Valls avait condamné en décembre les campagnes visant les produits israéliens menées par le mouvement BDS [Boycott, désinvestissement et sanctions] en raison du conflit avec les Palestiniens.
. Que cherche Manuel Valls sinon à instrumentaliser l’antisémitisme que nous combattons avec force et de reprendre à son compte les thèses odieuses assimilant toute mise en cause de la politique d’Israël à de l’antisémitisme.
Cependant, il serait souhaitable d’avoir une égalité de traitement, quand on parle de boycott,
Le 27 janvier dernier, la maison Artcurial devait mettre en vente, au profit de l’ONG Reporters sans frontières, des Unes du quotidien Libération revisitées par des artistes. Cette vente n’a pas lieu, après que l’ambassade d’Israël a exigé, et obtenu, le retrait d’une œuvre.
Ernest Pignon-Ernest avait en effet repris une Une du quotidien Libération datant de 2004, qui annonçait l’enterrement de Yasser Arafat. La Une montrait un keffieh, sous le titre Et maintenant. Ernest Pignon-Ernest avait détourné cette Une en ajoutant le visage de Marwan Barghouti, leader palestinien emprisonné en Israël. Il avait aussi ajouté cette mention : « En 1980, quand j’ai dessiné Mandela, on m’a dit qu’il était terroriste ». L’artiste s’est, de son côté, dit « étonné qu’une ambassade étrangère puisse décider de ce que l’on expose ou pas. Et qu’une maison de ventes cède aux pressions ».
Une manifestation est organisée, le 5 janvier dernier, devant L’opéra Garnier ; afin de protester contre un ballet de la compagnie israélienne « Bat Sheva », Manuel Valls a déploré qu’il s’agisse là de « la négation du rôle même de la culture ». « J’en ai déjà parlé et j’en reparlerai avec le ministre de l’Intérieur. Les pouvoirs publics doivent changer d’attitude vis-à-vis de ce genre de manifestions. Ça suffit, on ne peut pas tout se permettre dans ce pays ! », a-t-il finalement lancé.
Hors, à tous ceux qui seraient tentés de dire « Ne mélangeons pas la culture et la politique », les militants contre l’occupation et la colonisation israélienne de tous les pays, y compris les opposants juifs à l’intérieur d’Israël, ont démontré que nous ne sommes pas en présence d’une manifestation artistique ordinaire, mais de la manœuvre stratégique d’un gouvernement israélien visant à redorer son blason.
Les dirigeants israéliens, conscients de l’effondrement de leur image dans l’opinion publique internationale, ont ainsi alloué des fonds considérables à une campagne internationale, intitulée « Brand Israel » (littéralement, « promouvoir la Marque Israël »).
Nous combattons pour une paix juste et durable entre israéliens et palestiniens et pour une solution à deux états avec Jérusalem est comme capitale de la Palestine et ce combat est conforme au droit international, celui que piétine chaque jour le gouvernement d’extrême droite d’Israël. Et nous contesterons ses politiques tant que les droits du peuple palestinien ne seront pas respectes.
Bien au contraire nous demandons l’abrogation des circulaires Alliot-Marie et Mercier. En effet, la « circulaire Alliot-Marie » puis celle dite « Mercier », du nom du ministre de la Justice du gouvernement Fillon, qui permet d’engager des poursuites contre les militants de la campagne internationale BDS et vise, en tentant de les criminaliser, à museler des actions citoyennes et non violentes contre l’impunité d’un état, Israël, qui dénonce la colonisation et l’occupation militaires israéliennes de la Palestine qui, elles, sont totalement illégales et illégitimes au regard du droit international.
Il faut savoir que cette interdiction de boycott est spécifiquement française et n’existe pas dans la plupart des pays occidentaux. Et d’ailleurs en France «  tous les appels au boycott ne sont pas traités de la même manière  ». Les appels au boycott contre la Birmanie du temps de la junte ou même le Mexique au moment de l’affaire Florence Cassez n’ont jamais fait l’objet de poursuite.
Le boycott arme des pauvres respecte le droit d’autrui mais est un appel au consommateur à exercer sa liberté de choix

EN COMPLEMENT
Lettre de Mgr Gaillot au directeur de l’Opéra de Paris
L’indignation est grande à l’annonce de l’accueil par l’Opéra Garnier de la troupe israélienne de danse, Batsheva, vu ses liens étroits avec le gouvernement d’extrême-droite israélien. Ci-dessous la lettre de Mgr Jacques Gaillot à Stéphane Lissner, directeur de l’Opéra de Paris.
Monsieur le directeur de l’Opéra de Paris,
J’ai appris que vous aviez invité la troupe de danse israélienne Batsheva à se produire à l’Opéra en janvier prochain. Ces danseurs ont la chance de pouvoir circuler librement et d’exercer leurs talents à l’Opéra. Ce que ne peuvent pas faire des danseurs palestiniens, car ils en sont empêchés ou emprisonnés. Leur culture est bâillonnée. La situation faite aux Palestiniens est dramatique. Ils subissent l’injustice au quotidien. Tant que leurs droits seront bafoués, la paix s’éloignera.
C’est pourquoi je reçois votre invitation des danseurs israéliens comme un affront.
Mais je garde le secret espoir que les représentations des ballets seront annulées.
Si c’était le cas, vous donneriez une chance à la paix et les Palestiniens garderaient l’espoir.
Merci de laisser l’avenir ouvert.
Respectueusement et fraternellement."
Jacques Gaillot

Publié le

19 février 2016

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