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Revalorisation de l’APA : une avancée pour les retraités

Intervention de Hervé Bégué

Madame la Maire, mes chers collègues,

J’ai souhaité intervenir sur cette délibération pour saluer la mise en application de la revalorisation de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA).

On ne parle d’augmentation massive mais c’est un plus indéniable pour les personnes âgées aux revenus modestes. L’augmentation de cette allocation permettra à ces personnes de bénéficier de plan d’aide plus fournis, d’autres bénéficieront du nouveau mode de calcul qui leur permettra d’accéder à des droits auquel ils ne pouvaient prétendre par le passé. Bien entendu, nous soutenons cette mesure qui constitue une avancée sociale pour les parisiennes et les parisiens.
Mais cela ne nous empêche pas d’être réservé quant au financement de cette revalorisation.

Je rappellerai d’abord que l’Etat n’a jamais assumé ses responsabilités après le transfert des compétences sociales aux départements. Dans le cas de l’APA, comme pour le RSA, l’Etat brille par son désengagement financier. Nous avons voté un budget 2016 qui prévoit 145 millions d’euros de dépenses pour l’APA tandis que la compensation de l’Etat est prévue à hauteur de 14 millions d’euros. 130 millions d’euros de dette en une seule année, rendez-vous compte de l’ampleur du problème.
Nous regrettons ensuite le choix qui a été fait par le gouvernement de financer la revalorisation de l’APA par la contribution sociale de solidarité pour l’autonomie, la CASA, cette contribution que verse les retraités imposables depuis le 1er avril 2013. En faisant cela, l’Etat fait reposer la solidarité nationale uniquement sur le dos des retraités. Une nouvelle fois, cette décision cherche à diviser les catégories sociales les plus modestes, à opposer les retraités qui vivent avec 700€ à ceux qui vivent avec 1 200€. Ce n’est pas ça la justice sociale.

Ce choix, nous le regrettons aussi car il ne répond pas à l’enjeu du vieillissement de la population. Le nombre de personnes de plus de 85 ans va tripler dans les prochaines décennies, le coût du vieillissement va augmenter de plusieurs dizaines de milliard d’euros. Mais le gouvernement se contente d’un plan de financement à 650 millions d’euros pour l’ensemble de la loi vieillissement. Ça ne suffit pas aujourd’hui et ça ne suffira pas demain. Bien sûr, cela interroge les élus locaux que nous sommes. Car dans ces conditions, comment pourrons-nous continuer à assumer nos responsabilités ?

Je vous remercie.

Publié le

29 mars 2016

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