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Sciences-Po, la nouvelle chaîne cryptée

Communiqué d’Emmanuelle Becker, conseillère de Paris

Le conseil d’administration de la Fédération nationale des sciences politiques (FNSP) a choisi ce matin, Frédéric Mion, actuel secrétaire général de Canal+, comme nouveau directeur de Sciences-Po Paris.

Au-delà du profil de M. Mion, dont « la connaissance du monde universitaire » – l’un des critères de sélection revendiqué – ne saute pas aux yeux, c’est surtout la chaîne de décision conduisant à cette nomination qui interpelle le plus.

La procédure s’est révélée littéralement verrouillée, cryptée, fermée, alors même que les personnels, enseignants et étudiants n’ont eu de cesse d’en appeler à la transparence et à la démocratie.

Quelle image une institution qui se désire exemplaire au sein de notre République transmet-elle en agissant de la sorte ?

Enfin, tout aussi inquiétant : l’objectif de rapprocher les grandes écoles des universités, revendiqué par les gouvernements successifs, est de toute évidence reléguée au rang des bonnes intentions. En écartant avec soin, la moindre des candidatures issues du monde universitaire, c’est l’Université elle-même que Sciences-Po a choisi de tenir à distance.

En pleine crise économique mais aussi intellectuelle, notre République gagnerait beaucoup à réfléchir autrement.

C’est pourquoi, au nom du groupe Communiste et élus du Parti de gauche, je déposerai un vœu lors du Conseil de Paris, les 25 et 26 mars. Nous demanderons à Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, que la nomination d’un nouveau directeur de Sciences-Po ne soit pas confirmée tant qu’aucun engagement ferme sur la réforme des statuts de l’IEP (parmi lesquels, la procédure de désignation du directeur) n’ait été rendu public.

Publié le

1er mars 2013

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