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Stop au démantèlement de l’hopital public à Paris

A l’occasion de la communication de la Maire de Paris portant sur la santé, Nicolas Bonnet rappelle l’engagement du groupe communiste dans la défense du service public de la santé et rappelle que la santé des parisiennes et des parisiens doit être au cœur des débats.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes cher.e.s collègues,

Je voudrais me réjouir de vous entendre tenir ces propos sur l’hôpital public en cette fin de mandat. cette communication vient un peu tard et je voufrais vous rappeler que tout au long de la mandature, et depuis 2014, le groupe communiste avait demandé un moratoire sur l’AP-HP en vue de la crise que nous connaissons aujourd’hui. Tout au long de la mandature, nous n’avons cessé de déposer des voeux sur Lariboisière, Bichat, Saint-Antoine, ou encore l’Hotel Dieu. J’ai aussi eu l’occasion de vous interroger à de nombreuses reprises par questions d’actualité sur le sujet.

Nous allons vers une mobilisation très importante le 14 novembre. Votre prise de parole est la bienvenue même si nous aurions aimé l’entendre plus tôt.

Madame la Maire, vous savez que notre groupe était le seul à s’opposer à la convention netre la ville et l’AP-HP sur le foncier puisque dans cette convention, il était question de permettre l’autonomie de financement de l’AP-HP en vendant ses biens. C’est ce que dénoncent les syndicalistes et les personnels depuis bien longtemps.

Cette année, nous avons eu l’occasion de faire des visites d’hôpitaux parisiens. De Sainte Anne à Lariboisière en passant par Bichat et Saint Antoine, ces rencontres sont venues confirmer que le système de santé dans son ensemble, et plus particulièrement l’hôpital, est en crise et que son personnel a besoin de parler et de se faire entendre. Épuisés par les politiques d’austérité successives, les personnels hospitaliers évoquent principalement le manque de moyens humains et matériels, ainsi que la perte de sens de leur travail. La grève menée par les services d’urgence depuis mars 2019 est le symbole particulièrement visible de ce mal-être comme nous l’affirmons à travers notre vœu rattaché à la communication.

Au-delà de cette souffrance, nous avons pu aussi nous rendre compte de la dignité des personnels, de l’aide-soignant.e au chef.fe de service. Ils mettent entre parenthèses leur vie familiale et personnelle pour faire face à l’impératif de la qualité des soins. Nous avons également constaté qu’elles et ils étaient force de propositions, mais que leurs témoignages n’étaient pas pris en compte pour refonder une politique de santé publique à la hauteur des besoins de la population dans notre pays, je m’aperçoit que l’on partage le constat des citoyens sur ce sujet. Et, je le rappelle, les personnels hospitaliers vivent aussi à Paris, il est de notre devoir de les écouter.

C’est dans ce contexte que le Gouvernement a présenté, en septembre 2018 le plan « Ma santé 2022 », qui a abouti à l’adoption d’une loi en juillet 2019. Cette énième réforme, sans financement nouveau, ne répond pas à la crise aigüe et urgente qui frappe le monde hospitalier. Loin de prendre la mesure des conséquences engendrées par les pénuries de moyens et de personnel, le plan santé et la loi qui le met en œuvre se contentent de mesures de réorganisation du système de soins, tout en poursuivant les réductions de dépenses publiques.

Pire, nous pensons que cette réforme représente un danger pour notre système public de santé. Tous les ingrédients sont réunis pour de nouvelles fermetures de structures et de services via la refonte de la carte hospitalière, et la transformation d’hôpitaux généraux en hôpitaux dits de proximité, véritables coquilles vides, car sans maternité, sans activité chirurgicale, sans urgences.

Outre le manque chronique de moyens et de personnels, les dernières réformes de santé (Loi Bachelot 2009, Loi Touraine 2016) ont mis à mal le service public hospitalier en promouvant une gestion de l’hôpital public calquée sur l’entreprise commerciale et les logiques de concurrence. L’instauration de la tarification à l’activité, la création des groupements hospitaliers de territoire comme l’usage des méthodes de management privé, sont les symptômes de cette dérive.

Au lieu de répondre à la crise de financement de l’hôpital public et aux aspirations des personnels hospitaliers, ces réformes ont été guidées par la seule recherche d’efficience du système de santé au détriment des missions d’intérêt général. La gestion comptable des hôpitaux a conduit à de nombreuses restructurations hospitalières et à l’augmentation de la souffrance au travail. Loin de tirer les constats de ces précédents échecs, la loi Santé d’Agnès Buzyn adoptée en 2019 poursuit dans la même lignée en insistant sur les questions d’organisation et de sécurité de l’activité hospitalière tout en niant le problème central du financement. Cette rhétorique de l’efficience est ainsi mobilisée pour justifier des fermetures de maternités ou de services d’urgences dans des territoires qui payent déjà les carences de la médecine de ville.

Et nous mesurons les conséquences à Paris, les hôpitaux vont mal et le personnel est à bout. Les métiers de la santé sont les plus exposés à des « burn-out » et des accidents du travail. A Paris, Martin Hirsch continue sa politique de démantèlement de l’APHP en supprimant des lits et sans embaucher davantage de personnel. Nous demandons un moratoire sur ses restructurations ! Nous saluons tout de même les fonds débloqués à Lariboisière.

Il y a de moins en moins de médecin à Paris, dans quelques années près de la moitié seront à la retraite, et personne pour les remplacer en raison du prix des locaux.

A l’approche des élections municipales la santé des parisiennes et des parisiens doit être au cœur des débats et ne laissons pas les représentants de Macron casser encore plus notre service public.
Nous proposons de mettre en place dans les hôpitaux publics parisiens des consultations de médecine générale adulte et pédiatrique ouvertes sept jours sur sept avec et sans rendez-vous tarif de secteur 1 sans dépassement et application du tiers payant et créer 7 nouveaux centres de santé municipaux. Aussi je profite de cette intervention pour rappeler l’appel de la part des personnels des hôpitaux à une « grande manifestation » le 14 novembre à Paris « pour obtenir un plan d’urgence pour l’hôpital public » !

Je vous remercie.

Publié le

15 novembre 2019

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