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Stratégie Handicap : accessibilité universelle et égalité réelle

Nicolas Bonnet Oulaldj salue la politique inclusive menée par la ville, qui prend en compte tous les handicaps, qu’ils soient physiques, mentaux, ou liés au vieillissement.
Il a insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts liés aux conditions de scolarités, de formation et d’accès à l’emploi des personnes autistes.
Enfin, il a alerté la ville sur la situation des résidents de la résidence Saint-Louis dans l’hôpital des Quinze-Vingt.

Retrouvez son intervention

Mes chers collègues, je voudrais tout d’abord saluer et féliciter vos engagements et ceux de Bernard JOMIER, les efforts qui sont pris pour promouvoir l’accessibilité universelle et l’égalité réelle. Ce plan prend en considération tous les types de handicap, qu’ils soient physiques, mentaux ou liés au vieillissement.

Je pense aussi à l’autisme qui n’est pas oublié. Les campagnes de sensibilisation, qui ont été soutenues par la Ville, ont permis de contribuer à changer le regard du grand public, des institutions et des pouvoirs publics sur l’autisme. Mais le travail pour les conditions de scolarité, de formation et d’entrée dans le monde du travail pour les autistes doit encore s’intensifier.
Le soutien aux aidants familiaux est également indispensable. Beaucoup d’éléments de ce plan vont dans ce sens et c’est une très bonne chose.

Le quotidien des personnes en situation de handicap est précaire, difficile. Les obstacles sont nombreux et nous avons trop souvent tendance à penser en valide. La pensée validiste nuit à la possible conduite d’une politique inclusive.
En effet, l’accessibilité universelle est possible dès lors que l’on mène une politique inclusive. Penser l’inclusion est nécessaire et fondamental pour édifier une ville sur des valeurs d’égalité. Penser la ville inclusive, c’est prendre en compte, dès la conception des espaces et des aménagements publics, les spécificités de chacune et de chacun de nos concitoyens.

En tant qu’élus, nous nous devons de rendre la ville accessible à toutes et à tous, et pas simplement corriger les manquements par installation. Je pense notamment, vous l’avez évoqué, Madame la Maire, à la perspective des Jeux Paralympiques et de notre candidature pour 2024 qui peut être un dynamisme fort dans ce sens.

Nous devons concevoir et construire ces espaces en pensant l’accessibilité comme une condition sine qua non de la réalisation de tout projet. D’ailleurs les nouvelles technologies sont un atout majeur dont nous devrons nous servir.
Je voudrais évoquer un exemple particulier, celui des malvoyants que j’ai pu rencontrer à la résidence de l’hôpital des Quinze-Vingts. Ils me décrivent leur isolement. Les résidents ont besoin de notre intervention, de notre soutien, tant l’état de dégradation de certaines chambres est inacceptable, et que les tarifs d’hébergement sont à la hausse malgré le niveau de ressources modestes des résidents. Beaucoup de personnes malvoyantes risquent de devoir quitter la résidence, voire Paris.
J’ai donc formulé un vœu rattaché à cette communication pour qu’une table ronde, réunissant l’A.R.S., le Département de Paris et la M.D.P.H., soit organisée dans les meilleurs délais pour clarifier le statut de cette résidence et permettre à ceux qui y habitent de continuer à y vivre.

En ce qui concerne l’espace public parisien - je pense à la place de la Bastille par exemple -, on ne doit pas simplement respecter les normes pour les malvoyants mais aller plus loin, en devenant pourquoi pas un laboratoire d’innovations.
Sachant que le quartier des Quinze-Vingts abrite la zone Paname, projet d’aménagement nouveau pour améliorer l’accessibilité des malvoyants, malentendants et sourds sur la période depuis 2009, nous avons fait adopter un vœu, en avril l’an dernier, demandant que l’on réactive le projet d’aménagement nouveau pour améliorer l’accessibilité des malvoyants, malentendants et sourds, sur la place elle-même et ses environs.

Le quartier des Quinze-Vingts pourrait ainsi devenir le premier laboratoire expérimental de hautes technologies. Je pense, par exemple, à l’œil bionique. Il serait formidable que Paris s’appuie sur les recherches et expérimentations de l’Institut de la vision de l’hôpital des Quinze-Vingts, qui est le deuxième pôle mondial en matière de soins et de recherches sur la cécité.
Les personnes concernées ne manquent pas d’idées : travailler sur une différenciation des revêtements des passages piétons, réfléchir à une manière de prévenir l’approche des véhicules électriques et des vélos qui sont silencieux. Tout espace et aménagement doit d’abord être pensé par le prisme de leurs besoins. La stratégie "Paris piéton" va dans le sens d’une considération plus inclusive de la place des personnes en situation de handicap dans notre ville.
Je formule également un second vœu demandant à ce qu’une réflexion soit menée pour rendre accessibles les panneaux d’information, les bornes dites "Histoire de Paris", aussi appelées "pelles Starck", aux personnes en situation de handicap. Cela n’enlèvera rien à personne. Bien au contraire, la ville sera plus agréable à vivre si elle est pensée pour toutes et tous et qu’elle ne fait pas de différences. Chacune et chacun d’entre nous pourra en profiter.

C’est bien une réflexion et une intelligence de l’égalité pour penser chaque nouvel espace public dont nous avons besoin aujourd’hui. Je salue donc encore une fois cette stratégie et je nous invite à être la capitale de l’innovation en matière d’amélioration des conditions de vie des personnes en situation de handicap.
Nous pouvons pousser la recherche comme nous le faisons dans d’autres domaines. Les nouvelles technologies peuvent nous permettre de changer la vie des Parisiennes et des Parisiens, de faire en sorte que les différents handicaps ne soient plus un frein à l’appropriation de l’espace public.

Je vous remercie.

Publié le

2 avril 2017

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