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Prostitution : comment en sortir ?

Nous ne remettons pas en cause le rôle de « médecins du monde ». Nous avons voté contre la subvention au Lotus Bus car nous voulons apporter notre aide vers des associations qui ont pris le parti de l’être humain, de la sortie de la prostitution et non celles qui sont ambiguës sur le sujet. Nous avons plus que des doutes sur le Lotus Bus, non pas dans le travail accompli en matière sanitaire mais en matière d’accompagnement vers une sortie de la prostitution.

Retrouvez l’intervention d’Hervé Bégué

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Cette délibération a mis notre groupe dans un grand embarras, et je vais tenter de vous dire ce qui nous gêne.

A la lecture de l’exposé des motifs nous ne pouvons qu’être d’accord avec les objectifs et les motivations qui conduisent à aider cette association.

Qui pourrait remettre en cause le rôle de « médecins du monde » ? Sur tous les fronts depuis des années dans les lieux les plus difficiles où d’autres ont renoncé à aller.
À Calais avec les migrants, dans les camps de réfugiés à la frontière syrienne etc. etc...

Cette association attire le respect et l’admiration de tous.

Mais il est un sujet, pour nous essentiel, qui doit sous tendre l’action d’une association qui s’occupe des personnes prostituées.

A-t-elle comme objectif de tout faire, de tout proposer pour que la personne sorte de sa situation de prostituée, qu’elle aide ces personnes à dénoncer ceux qui profitent de leur situation de faiblesse, leur indiquer les parcours qui permettent à ses femmes de sortir de la clandestinité et de la violence ? Ou bien renonce-t-elle de prime abord à ce choix ?

Nous avons plus que des doutes sur le Lotus Bus, non pas dans le travail accompli en matière sanitaire, mais en matière d’information et d’aiguillage de ces personnes vers une sortie de leur condition.

Je sais bien que la chose n’est pas simple et que peut être plus que d’autre le phénomène de la prostitution chinoise est encore largement méconnu.

Mais quand ces femmes parlent, que disent-elles ? Qu’elles se prostituent pour rembourser les passeurs ou les faussaires qui les ont « aidées » à venir ici. Elles disent que leurs familles et parfois leurs enfants, restés en Chine, sont victimes de chantage ou de menaces.

Que devons-nous faire, renoncer à les aider ? certes pas. Elles ne sont en rien responsables et elles disent toutes ou presque, qu’elles n’ont pas le choix et si elles l’avaient elles ne se prostitueraient pas.

La France s’enorgueillirait de voter définitivement le texte issue du parlement sur la pénalisation du client, car il remet les choses dans le bon sens.

Ce n’est pas la prostituée qu’il faut dénoncer mais bien celui qui considère que s’acheter un corps est une action comme une autre.

Nous ne pouvons-nous y résoudre.

Bien entendu il faut être d’une grande sévérité à l’égard de ceux qui organisent ces réseaux de trafics d’êtres humains, car le « marché prostitutionnel » a explosé dans le monde et il est désormais aussi important que le trafic d’armes et de stupéfiants.
Nous souhaiterions vivement que nous réorientions notre aide vers des associations qui ont clairement pris ce parti, celui de l’être humain et celui de la sortie de la prostitution, plutôt que celles qui sont pour le mois ambigües sur le sujet.

Il existe plusieurs associations qui répondent à cette philosophie.

Notre groupe votera contre cette délibération.

Publié le

18 décembre 2015

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