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Tarification sociale de l’eau et "plombiers solidaires"

Conformément à notre engagement de campagne, nous avons lancé la tarification sociale de l’eau et des premiers mètres cubes gratuits. Elle s’inscrit dans la démarche engagée par la gauche depuis de nombreuses années sur l’eau. Pour aller plus loin, nos deux propositions : Les « plombiers solidaires », pour s’occuper des travaux à la charge des locataires des foyers dans le besoin, et la gratuité , à terme, des premiers mètre cubes d’eau pour tous.

Retrouvez l’intervention de Jean Noël Aqua

Madame le Maire, chers collègues,

Cette délibération marque un beau moment de solidarité, une solidarité chère à notre majorité. Vous le savez, la loi Brottes permet de tester certaines expérimentations visant à définir une politique sociale de l’eau.

L’eau n’est en effet pas une marchandise comme les autres. Elle est essentielle à la vie. Toucher à l’eau, c’est quelque part toucher au sacré. Les progressistes de tous les pays l’ont bien compris. De nombreuses luttes locales visent à garantir l’accès de tous à une eau de qualité. Cela se fait en l’affranchissant des multinationales, qui font souvent passer leur rentabilité financière avant toute autre considération. Certains progressistes poussent même l’audace jusqu’à vouloir définir l’eau comme bien commun de l’humanité, jusqu’à proposer sa gratuité pour tous, comme l’éducation ou la santé.

Sur Paris, conformément à notre engagement de campagne, nous avons donc lancé un processus d’expérimentations autour de la tarification sociale de l’eau et des premiers mètres cubes d’eau gratuites. Un processus impulsé par Célia Blauel et associant différents acteurs.

Ce processus ne s’arrête pas aujourd’hui. Mais c’est une nouvelle pierre que nous posons.

Elle s’inscrit dans la démarche engagée par la gauche depuis de nombreuses années visant à municipaliser l’eau. Municipalisation qui se traduit non seulement par la baisse des factures des parisiens et par l’amélioration de la qualité, mais aussi par une pleine maitrise publique de l’outil industriel. Grâce à cette maitrise, nous sommes aujourd’hui pleinement en mesure d’expérimenter différentes pistes en matière d’innovation sociale.

Notre collectivité agit déjà en faveur des plus pauvres avec de multiples dispositifs : fontaines publiques, bains douches, aides préventives ou aides curatives. L’aide préventive concerne ainsi aujourd’hui près de 44 000 ménages.

Une piste explorée par le comité de pilotage est d’étendre les aides sociales aux plus démunis, en ciblant les publics qui échappaient aux dispositifs d’aides déjà existantes. Cela se traduira par la mise en place de la gratuité des premiers mètres cubes d’eau pour les plus démunis. Elle concernera près de 16.000 foyers avec une aide correspondant à la gratuité de 20 litres d’eau par jour et par personne.

Par ailleurs, il est aussi proposé de créer des ambassadeurs de l’eau. Ceux-ci iront à la rencontre des ménages les plus pauvres afin de faire connaître les dispositifs d’aides, de diagnostiquer la qualité des installations intérieures de plomberies, de sensibiliser à la lutte contre le gaspillage et aux avantages de l’eau du robinet.

J’en viens désormais à deux propositions du groupe communiste pour pousser l’expérimentation plus avant.

Tout d’abord, la proposition de plombiers solidaires présentée dans un amendement. Les dépenses de plomberies à la charge des locataires peuvent s’avérer importantes pour les ménages les plus modestes. La mission des ambassadeurs de l’eau est le diagnostic des installations intérieures (fuites, robinets, conduites…). Il nous semble logique de pousser la logique jusqu’à la réparation elle-même en créant des plombiers solidaires. Cela concerne bien sûr uniquement les réparations à la charge des locataires. Ces plombiers solidaires permettront ainsi à la fois de limiter les dépenses des plus modestes, et de limiter les pertes d’eau avec un bénéfice évident pour l’environnement. Economiser l’eau c’est bien. Ne pas en perdre, c’est aussi incontournable.

Pour la mise en pratique, nous pourrions pousser la logique de solidarité jusqu’au bout, par exemple en faisant appel à des entreprises d’insertion, ou passer des partenariats avec des entreprises garantissant un coût encadré. Cette innovation qui serait une première en France nous semble-t-il, sera certainement un symbole fort de notre audace politique, et de notre action tant sociale qu’environnementale.

La deuxième proposition que nous faisons concerne le champ d’application de la gratuité des premiers mètre cubes d’eau. Comme nous l’avons déjà dit dans cette assemblée et dans le comité de pilotage, nous voulons promouvoir cette gratuité pour tous. C’est précisément ce côté universel qui nous fera réellement prendre le chemin de l’eau comme bien commun. Cette audace est possible dans le cadre de la loi Brottes et plusieurs municipalités en France ont franchi ce pas. Nous espérons que le comité de pilotage pourra réellement à l’avenir explorer cette proposition.

Le potentiel de créativité ouvert par la loi Brottes est important. Après les mesures de solidarité pour les plus pauvres, introduire une rupture comme la gratuité pour tous est à la fois à notre portée, et un symbole d’une politique de gauche basée sur le progrès pour tous. Nous progressons sur ce chemin. L’étape d’aujourd’hui est importante. Elle doit nous permettre de viser plus loin encore.

Publié le

19 février 2016

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