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Tarification sociale de l’eau : une action sociale forte

Nous nous sommes exprimés en faveur de la tarification sociale de l’eau, portée grâce à nos engagements de campagne. Tout l’intérêt de la municipalisation de l’eau est de donner du sens à l’économie. Cela se traduit non seulement par la baisse des factures et l’amélioration de la qualité, mais aussi par une pleine maîtrise publique de l’outil industriel.

Retrouvez ici l’intervention de Jean-Nöel Aqua :

Madame le Maire, chers collègues,

Cette délibération acte la mise en place concrète de l’expérimentation d’une aide sociale à l’eau. Nous en avions voté le principe de cette aide en février de cette année, nous votons aujourd’hui sa réalisation.

L’eau n’est en effet pas une marchandise comme les autres. Elle est essentielle à la vie. Toucher à l’eau, c’est quelque part toucher au sacré. Les progressistes de tous les pays l’ont compris en luttant pour l’accès de tous à l’eau et en l’affranchissant de la cupidité des multinationales. Certains progressistes poussent même l’audace intellectuelle jusqu’à vouloir définir l’eau comme bien commun de l’humanité et à proposer sa gratuité pour tous, comme l’éducation ou la santé.

Sur Paris, conformément à notre engagement de campagne, nous avons lancé un processus dans le cadre de loi Brottes autour de la tarification sociale de l’eau. L’option qui a été promue vise à garantir les premiers mètres cubes gratuits pour les foyers plus pauvres. C’est bien évidemment une action sociale forte que nous apprécions.

Elle montre tout l’intérêt de la municipalisation de l’eau qui nous permet de donner du sens à l’économie. Municipalisation qui se traduit non seulement par la baisse des factures et l’amélioration de la qualité, mais aussi par une pleine maitrise publique de l’outil industriel.

Notre collectivité agit déjà en faveur des personnes les plus pauvres avec de multiples dispositifs : fontaines publiques, bains douches, aides préventives ou aides curatives. L’aide préventive concerne ainsi aujourd’hui près de 44 000 ménages.

La piste sur laquelle nous avons chuté, consiste à étendre les aides sociales en ciblant les publics qui échappaient aux dispositifs déjà existants. Cela se traduira par la mise en place de la gratuité des premiers mètres cubes d’eau pour les plus démunis. Elle concernera près de 16.000 foyers avec une aide correspondant à la gratuité de 20 litres d’eau par jour et par personne.

Par ailleurs, il est aussi proposé que des ambassadeurs de l’eau puissent aller à la rencontre des ménages les plus pauvres afin de faire connaître les dispositifs d’aides, de diagnostiquer la qualité des installations de plomberies, et de sensibiliser à la lutte contre le gaspillage et aux avantages de l’eau du robinet.

Nous saluons donc toute la philosophie de cette délibération. Elle montre qu’une politique de solidaire, oserais-je dire de gauche, existe quand la maitrise publique de l’économie est au là. Nous voterons donc la délibération.

Pour aller plus loin, vous le savez, nous sommes attachés à pousser l’innovation politique jusqu’à promouvoir la gratuité des premiers mètre cubes d’eau pour tous. Cela nous permettrait réellement de promouvoir l’eau comme un bien commun. Plusieurs municipalités en France ont pu la mettre en place. Pourquoi une Ville innovante comme Paris ne pourrait-elle pas le faire ?

Après les mesures de solidarité pour les plus pauvres, introduire une rupture comme la gratuité pour tous est à la fois à notre portée, et un symbole d’une politique de gauche basée sur le progrès pour tous. Nous progressons sur ce chemin. L’étape d’aujourd’hui est importante. Elle doit nous permettre de viser plus loin encore.

Publié le

7 novembre 2016

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