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Budget 2016 : Des moyens pour la transition écologique

Répondre aux besoins humains et trouver les moyens pour le faire : telle est la marque d’une politique de gauche. Afin de relever le défi de la lutte contre le réchauffement climatique, un investissement massif et de long terme est nécessaire. Nous soutenons l’action de la ville, et continuons de proposer de nouvelles recettes pour financer une transition écologique portée par le service public, afin que ce nouveau modèle profite à toutes et tous.

Retrouvez l’intervention de Jean Noël Aqua


Madame la Maire, chers collègues,

Répondre aux besoins humains et trouver les moyens pour le faire : telle est la marque d’une politique de gauche. La droite elle, cherche continument à limiter l’action des collectivités locales et de l’Etat, ne jurant que par le privé et l’austérité. Nous disons à l’inverse qu’une société ne trouve du sens que dans une politique en faveur de l’humain, en cherchant les moyens qui existent, pour peu que l’on ait le courage d’aller les chercher. Et nous savons que c’est ce sens de l’humain qui manque cruellement en cette période pleine de vide pour beaucoup.

Les questions environnementales illustrent parfaitement cette logique. Ce week-end, 195 états ont trouvé un accord lors de la Cop21. Un accord insuffisant, plein de renoncements et de contradictions, plus diplomatique que climatique. Si tout y est inscrit, tout reste à faire tant les promesses sont loin de l’ambition. La tâche est donc devant nous.

Afin de relever le défi d’un réchauffement limité à 2 voire de 1.5°, c’est bien d’un investissement massif et de long terme des Etats, des collectivités et des services publics dont nous avons besoin. Nous le répétons, l’action pour le climat est incompatible avec l’austérité pour la dépense publique imposée par les gouvernements Hollande et Sarkozy. Même un Bill Gates le rappelle aux libéraux de tout poil (je cite) :« le secteur privé est trop égoïste et inefficace pour offrir de réelles alternatives aux énergies fossiles ». Nous apprécions donc l’action de la maire de Paris pour que le sommet des milles maires traduise concrètement la volonté d’agir pour le climat. Cet engagement se traduit aussi dans notre budget.

Alors que les Parisiens sont touchés par différentes pollutions, le budget 2016 est fortement marqué par les enjeux environnementaux. Nous saluons la prise en compte de plusieurs de nos propositions et nous continuons d’en porter de nouvelles. Nous saluons ainsi l’investissement dans les transports en commun notamment par l’intermédiaire du Stif, l’investissement pour le vélo, ou la rénovation et l’isolation des bâtiments. Nous saluons aussi la prise en compte de plusieurs sources nouvelles de financement que nous avons portées (droits de mutation, taxe sur les résidences secondaires...).

A l’avenir, nous veillerons à trouver les moyens de nos ambitions. C’est le cas pour le plan parisien de l’économie circulaire, promouvant le recyclage des déchets et les circuits courts. C’est le cas pour la ré-industrialisation préconisée par la mission d’information et d’évaluation « Fabriquer à Paris » initiée par notre groupe. Au-delà de l’emploi et de l’activité industriels, nous soulignons l’occasion ainsi offerte d’articuler le développement économique aux enjeux sociaux et environnementaux. C’est le cas enfin pour les transports. Nous voulons promouvoir l’alternative aux transports carbonés grâce au développement des transports en commun, grâce à leur électrification comme dans le plan 2025 de la RATP visant 80% de bus électriques, ou grâce à la promotion de la voiture électrique. Et nous pensons aussi au transport de marchandises. Si nous sommes assez entêtés pour promouvoir le fret et la logistique urbaine, c’est parce qu’ils sont indispensables à un Paris durable. Des millions de marchandises circulent chaque jour sur Paris par camion. Interdire les camions les plus polluants c’est bien. Offrir une alternative en transports propres l’est tout autant.
Pour toutes ces ambitions, nous voulons trouver de nouvelles recettes. Notre premier vœu concerne la taxe sur les surfaces de stationnement. Comme nous l’avions proposé pour le plan vélo, des moyens supplémentaires pourraient être obtenus par une augmentation des taxes sur les parkings d’entreprise et des centres commerciaux. Une augmentation même modeste permettrait de dégager des moyens appréciables.

La deuxième recette concerne l’écotaxe. Nous ne visons pas à appliquer un principe pollueur-payeur. Nous cherchons à financer la réorientation des modes de transport carbonés vers les modes non polluants, tant pour les personnes que les marchandises. Nous demandons donc la possibilité de remettre en place cette taxe.
Enfin, permettez-moi de revenir sur des arbitrages que nous continuons à contester dans nos vœux. Tout d’abord, la réforme des forfaits Navigo Emeraude nous semble socialement injuste. Nous proposons, sans attendre les conclusions de son bilan, d’abaisser les tarifs de 10€ pour toutes les tranches. Reste les tarifs du stationnement résidentiel : Alors même que nous le déclarons gratuit en cas de pic de pollution, il nous semble incohérent d’un point de vue environnemental, autant qu’injuste socialement, de l’avoir autant augmenté. Nous demandons donc la baisse des tarifs résidents.

Pour conclure, je dirai que le groupe Communiste-Front de Gauche apprécie les nombreux investissements en faveur d’un environnement de qualité pour tous, mais aussi notre volontarisme pour de nouveaux financements permettant de joindre l’acte à la parole. Nous savons y voir là la marque d’une politique de gauche qui, même imparfaite, vise à satisfaire les besoins humains. Une touche d’espoir concret dans une période qui en manque parfois singulièrement.

Publié le

18 décembre 2015

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