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Travail du dimanche : Le groupe communiste demande le respect des engagements pris

La Maire de Paris, après s’être ouvertement opposée au travail du dimanche lorsque la loi « Macron » créait les Zones Touristiques Internationales (ZTI), souhaite proposer au prochain Conseil de Paris une délibération autorisant tous les commerces (hors ZTI) à ouvrir douze dimanches en 2017.

C’est un pas de plus vers une généralisation du travail dominical à Paris que nous n’acceptons pas.

En effet, le rapport de la Mission d’Information et d’Évaluation (MIE) Travail Dominical à Paris adopté en décembre 2015 par notre assemblée précise à propos des dimanches « dérogatoires » que : « Le mérite de cette disposition est d’introduire de la fluidité dans le dispositif des ouvertures dominicales sans constituer un bouleversement. Nous considérons que dépasser de quelques unités le chiffre actuel de 5 est envisageable, mais qu’il ne doit pas y avoir automaticité ».

Le groupe communiste demande à la Maire de respecter les préconisations du rapport sur le travail dominical à Paris adopté par la majorité du Conseil. Si la Maire de Paris a récupéré le pouvoir de fixer le nombre de dimanches dérogatoires, il est légitime que nous attendions d’elle l’application de ce que nous avions voté.

Nous avions également adopté un vœu créant un observatoire sur les ZTI, qui n’a rendu à ce jour aucun rapport sur la question, et notamment sur les créations d’emplois.

Dans tous les cas ce sont les salarié-es qui sont les perdants, car le travail dominical est d’abord une contrainte pour eux, et l’argument du volontariat est fallacieux. Rappelons que dans le commerce à Paris, les salarié-es sont précaires, majoritairement des femmes, et souvent à temps partiel.

S’il y a bien une mesure à prendre c’est la revalorisation des salaires annuels et l’amélioration des conditions de travail. Si l’on veut relancer la consommation, c’est d’abord en relançant le pouvoir d’achat des consommateurs.

Enfin, ce n’est pas parce qu’il y aura plus de dimanches ouverts qu’il y aura plus de touristes à Paris. Comme précise le rapport de la MIE, l’ouverture du dimanche n’est en aucun cas un accélérateur de la consommation des touristes dont la durée moyenne d’un séjour touristique à Paris est de cinq à six jours. Le dimanche n’est pas un jour indispensable à leur consommation.

Nous nous opposons à la généralisation du travail du dimanche, car le repos dominical est un principe essentiel de la société française, fondamental aussi bien pour la protection des salariés que pour la cohésion sociale, c’est le seul moment de « respiration » de la ville, la seule rupture d’un rythme très stressant indispensable à la vie personnelle, familiale, amicale, sportive et culturelle.

Nicolas Bonnet-Oulaldj, Président du groupe Communiste-Front de Gauche au Conseil de Paris

Publié le

19 octobre 2016

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