Rechercher sur le site

Travail du dimanche : Un rapport qui va dans le sens du progrès social

Déclaration des élu-e-s du groupe Communiste-Front de Gauche du Conseil de Paris
Paris, le 4 décembre 2014

Les élu-e-s du groupe Communiste-Front de Gauche du Conseil de Paris se félicitent du travail de la Mission d’ Information et d’ Évaluation ainsi que des préconisations du rapport qui vient d’être adopté. Celui-ci va dans le sens du progrès social et s’oppose à la généralisation du travail du dimanche.

Il s’appuie sur des auditions et des études objectives. Il rappelle de grandes vérités à toutes celles et ceux qui, de manière dogmatique et idéologique, veulent imposer à tous les salarié-e-s l’extension du travail du dimanche. De plus, il remémore la nécessité d’améliorer continuellement les conditions de vie et de travail des salarié-e-s ainsi que le respect des droits fondamentaux.

Ce rapport met en évidence que le repos dominical est la règle fondamentale tant pour les salarié-e-s que pour la cohésion sociale. C’est le seul moment de respiration de la ville, la seule rupture d’un rythme très stressant. Il est indispensable à la vie personnelle, familiale, amicale, culturelle, associative et sportive.

La réglementation est complexe et surtout très inéquitable. Ces différences de traitement ne reposent sur aucune justification et il est inadmissible que des salarié-e-s travaillant dans la même branche voire dans la même entreprise puissent relever de deux régimes sociaux différents selon leur lieu de travail. Rappelons aussi que la notion de volontariat n’existe pas dans le monde du travail et que le fonctionnement hebdomadaire d’un magasin est laissé à la discrétion de l’employeur.

Ce rapport démontre que l’ouverture dominicale à Paris est déjà très importante et fait de notre ville la capitale européenne la plus ouverte le dimanche, environ 20 à 25% des commerces parisiens sont ouverts le dimanche. Le niveau d’ouverture est par exemple supérieur à celui de Londres et Berlin.

II constate aussi que, l’extension du travail dominical n’aura aucun effet sur l’emploi, l’économie et le tourisme.
Concernant l’emploi, la mission a pris acte que les promesses d’embauche des grands magasins, élément central de leur revendication, ne sont pas précisément argumentées. D’autre part, le nombre d’emploi qui est énoncé, de 500 à 2000 selon les interlocuteurs, n’est pas démontré et les syndicats restent très dubitatifs quant au nombre d’emplois. Rappelons-nous des promesses d’embauches lors de la baisse de la taxe restauration.
De plus, le rapport montre les conséquences dramatiques sur les commerces de proximité.
Concernant, le tourisme, la plupart des experts conviennent que le montant global des achats parisiens et franciliens déterminé par des facteurs plus décisifs que l’ouverture dominicale. La durée moyenne de séjour d’un touriste étranger européen est de 4 jours et celle d’un touriste extra européen de 6. La fermeture dominicale de certains magasins n’empêche aucun touriste de faire des achats. De plus, la dernière étude de l’office de tourisme de Paris (décembre 2013) montre que 15% des touristes viennent à Paris pour faire des achats. L’attractivité de notre ville réside principalement dans son rayonnement historique, culturel et non dans sa marchandisation. Paris reste la première destination touristique mondiale.

De plus, le rapport démontre que les conséquences sociales sont importantes, notamment sur les femmes et la vie familiale. Dans le commerce 60% des salariés sont des femmes et 43% des emplois sont en temps partiel, multiplication des contrats précaires. Le travail dominical est préjudiciable à la vie de famille, au temps passé avec les enfants ou à des activités associatives et celui-ci contribuera à un affaiblissement du lien social.
La généralisation du travail dominical est un choix de société et pose, ici, la question de quel Paris voulons-nous. Nous ne voulons pas d’un grand supermarché mais d’une ville tournée vers l’humain d’abord et l’émancipation. Il est nécessaire qu’il y est régulation politique locale et que surtout les salarié-e-s puissent bénéficier de conditions sociales égales et équitables, quel que soit l’activité, la taille de l’entreprise, le lieu de travail.

Pour nous, le refus de généralisation du travail dominical est un choix de société. C’est une boussole à gauche. C’est un choix de ne pas standardiser Paris comme à l’image de certaines grandes villes.

Le rapport propose des évolutions : que la Maire de Paris décide du nombre d’ouverture des dimanches, que les salarié-e-s puissent bénéficier de compensations salariales équitables et que l’État assure le respect de la loi et les engagements des entreprises.

Le repos dominical reste une conquête sociale majeure et les élu-e-s communistes parisien-ne-s restent mobilisé-e-s au côté des salarié-e-s contre le projet de loi Macron et notamment sur le nombre de dimanches proposés et l’extension des zones à proximité des gares.

Les élu-e-s du groupe Communiste-Front de Gauche du Conseil de Paris

Publié le

4 décembre 2014

Auteur-e-s