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Adoption du budget supplémentaire

Un budget n’a de sens que s’il est mis en perspective avec les besoins des parisiens. Le budget en témoigne en investissant massivement pour le logement et les quartiers populaires. Nous avons aussi obtenu des fonds pour lutter contre la discrimination dans l’accès au logement privé et pour l’association des « Maires pour la Paix » qui organise la journée internationale de la paix.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet-Oulaldj

Madame la Maire, mes chers collègues,

Le budget de la Ville n’a de sens qui si nous le mettons en perspective avec l’évolution des besoins de la population et les besoins de notre territoire.

Je rappellerai dans un premier temps l’importance de la prise en compte du cout de la vie parisienne. Nous savons que la vie à Paris coute cher. Je pense bien sûr au coût élevé du logement mais également au coût élevé de l’alimentation. L’association UFC-Que Choisir démontre que les supermarchés parisiens pratiquent des prix plus élevé que la moyenne avec un panier à 466 € quand la moyenne nationale se situe à 410 €. Je pense aussi au coût plus élevé de la santé. Paris est marquée par la désertification médicale, l’offre de soins en secteur 1 est très faible et les dépassements d’honoraires pratiqués par les médecins coûtent cher à l’ensemble de la société. Les parisiennes et les parisiens le savent bien, vivre à Paris coute cher et ils en subissent chaque jour les conséquences.

D’un premier abord, certains peuvent penser que les parisiens sont plus riches qu’ailleurs. Le revenu moyen est, par exemple, plus élevé à Paris. Mais les moyennes sont parfois trompeuses. Les écarts de niveau revenus sont par exemple ahurissant d’un arrondissement à l’autre. Un habitant du 8e arrondissement, gagne en moyenne un salaire horaire de 38,7 € ; tandis qu’un habitant du 19e gagne en moyenne 15,7€ de l’heure. A l’échelle d’un arrondissement, les inégalités peuvent aussi être très importantes. Dans le 18e, vous pouvez traverser en quelques minutes, sans presque vous en rendre compte, un quartier très favorisé comme les Abbesses et un quartier comme la Goutte d’Or dans lequel un quart des habitants se situe sous le seuil de bas revenus.

Je reviens sur ces chiffres car nous devons partir de cette réalité pour fixer les orientations du budget de la Ville de Paris. C’est justement ce que la majorité a choisi de faire depuis le début de cette mandature et ce projet de Budget supplémentaire s’inscrit pleinement dans cette logique.

Ainsi, nous continuons à investir pour le logement et la mixité sociale. Nous faisons le choix de créer des logements dans l’ouest et le centre de Paris, plus riche, pour apporter une réponse à la crise du logement tout en réduisant les inégalités territoriales.

Ce budget franchit aussi une étape supplémentaire en matière de tarification sociale de l’eau, comme nous nous y étions engagés. 15 500 foyers en situation de grande précarité pourront bénéficier de la gratuité des premiers mètres cubes d’eau. Nous continuons à penser qu’il faudra aller plus loin, vers la gratuité universelle des premiers mètres cubes d’eau. Mais cette mesure est une avancée bien réelle, un progrès social dont nous pouvons être fiers.

Ces deux exemples de mesures nouvelles que je viens de vous citer montrent que la majorité agit en responsabilité, dans un contexte de désengagement de l’Etat, voire d’abandon des collectivités territoriales.

Dernier exemple en date avec la gestion des « fans zones ». Nous dépensons 4.3 millions d’euros pour les sécuriser et l’Etat ne compensera pas la totalité de la dépense. Nous agissons sur un domaine qui dépend à 100% de sa compétence mais au final, 1 millions d’euros resteront à notre charge. C’est peu au regard des grandes masses du budget de la Ville, mais cela s’ajoute à la dette de l’Etat envers les collectivités.

Cela m’amène à parler plus globalement des relations financières qui nous lient à l’Etat. Nous restons d’abord opposés aux baisses de dotations qui nous sont imposés par le gouvernement. Nous exigeons de l’Etat qu’il cesse de réduire les moyens des collectivités car nous sommes le premier maillon de la solidarité au plus près des réalités et des besoins de la population. A ce titre, la situation du Département de Paris est absolument scandaleuse. Depuis 2003, l’Etat a transféré les principales compétences sociales au département mais il n’a jamais compensé ces dépenses à la hauteur. C’est une contradiction effarante avec la Constitution. Depuis 2014, le Département de Paris doit même s’acquitter d’une DGF négative. Madame la Maire, je pense maintenant que nous devons hausser le ton face au gouvernement, nous devons faire entendre la voix des agents de la Ville, des usagers mais aussi des autres collectivités qui n’ont pas forcément les moyens de se faire entendre.

Comme depuis le début de mandature, les élu-es communistes-Front de Gauche vous proposent d’ailleurs de nourrir le débat avec l’Etat de propositions concrètes. Nous avons déposé un vœu rattaché au budget supplémentaire pour que les taux des taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires prennent enfin en compte le contexte particulier de Paris. Lorsqu’un propriétaire a les moyens de se payer un « pied à terre » sur l’Île St Louis, l’un des quartiers les plus chers de France, nous ne devons pas avoir honte de lui demander de contribuer à l’effort général. A ces deux demandes s’en ajoute une troisième : nous demandons l’évolution du cadre législatif pour mieux contrôler les plateformes de location en ligne. Le but de ces trois demandes est de lutter efficacement contre la spéculation immobilière pour défendre les parisiennes et les parisiens qui en sont les premières victimes.

Par ailleurs, nous demandons dans un autre amendement, de financer un « testing » qui portera sur la discrimination dans l’accès au logement privé. Nous avons tous un proche à qui, un propriétaire ou une agence immobilière, a un jour refusé de louer un appartement. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ces discriminations qui s’attachent à la couleur de peau, à l’origine du nom de famille ou à une quelconque facette de l’identité de nos concitoyens.

Nous demandons aussi à la Ville de développer ses liens avec l’association de Maires pour la Paix. Après les évènements graves que nous avons vécus à Paris, la recherche de la paix doit guider notre action à l’international. Cette association des Maires pour la Paix a été créée en 1982 par le Maire d’Hiroshima et elle reste, depuis, présidée par le Maire de cette Ville qui a connu l’horreur nucléaire. A l’heure où nous tissons des liens forts avec le Japon, il nous parait essentiel placer la paix au cœur de notre amitié.

Je terminerai enfin en revenant sur la décision de notre assemblée d’arrêter de subventionner le club du Paris-Levallois Basket. A partir de la saison prochaine, la Ville économisera chaque année la somme conséquente de 840 000 euros à laquelle s’ajoute la prestation de billetterie de 200 000 euros. Il nous parait important toutefois de réorienter cette somme vers d’autres actions, notamment vers le sport de proximité. Alors que l’intérêt des parisiens pour la pratique sportive ne désemplit pas et que nous souhaitons accueillir les JO 2024, nous pensons qu’il est important que le sport pour tous bénéficie d’un soutien accru.

Je vous remercie.

Publié le

15 juin 2016

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