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Un nouveau porte-voix très citoyen

L’Humanité
24 juin 2015

Didier Le Reste (PCF) conduit la mission de préfiguration du « Conseil des générations futures », qui sera créé lors du prochain Conseil de Paris.
« C’est un beau chantier pour la démocratie locale », explique le conseiller communiste de Paris Didier Le Reste. Depuis plusieurs mois, cet élu du groupe Front de gauche pilote la mission de préfiguration de ce qui sera le premier Conseil économique social et environnemental (CESE) de la capitale. La création de ce « Conseil des générations futures », selon l’appellation que privilégie la maire (PS), sera officiellement actée lors d’un vote en séance du Conseil de Paris, qui se tiendra la semaine prochaine. D’ores et déjà, l’on sait que ce CESE local comptera 164 membres, soit le nombre de fauteuils de la salle du Conseil, où il se réunira pour ses séances plénières, selon le souhait d’Anne Hidalgo qui voit là « un outil de progrès social et d’approfondissement de la démocratie ». Préoccupation que partage Didier Le Reste, pour qui «  s’il existe déjà des structures locales de concertation, nous aurons là un outil plus global, qui réunira, à parité hommes-femmes, des citoyens de divers univers économiques et sociaux qui plancheront dans sept collèges : acteurs économiques non-salariés, organisations syndicales, grands services publics, associations et économie sociale, personnalités qualifiées, démocratie locale et citoyens ». Tous les membres seront bénévoles.

« Un cercle citoyen plus large »

De plus, explique Nicolas Bonnet-Oulaldj, le président du groupe, «  à la différence par exemple de l’Inspection générale, qui ne peut enquêter que sur les services ou activités de la ville, et à qui nous venons de demander une réflexion sur la relance des offices municipaux des sports dans les arrondissements, le futur CESE pourra produire des rapports sur de multiples questions économiques ou sociétales…  ». Et, pour Didier Le Reste, «  ce seront des avis utiles pour aider à la prise de décision politique  ». Comme cela se pratique par exemple au niveau de la région Île-de-France, où le CESER francilien livre par exemple chaque année son opinion sur le budget de la collectivité. «  Notre Conseil des générations futures, qui revendiquera son indépendance, ne sera pas pour autant un contre-pouvoir, ce ne sera pas sa mission  », poursuit-il. En revanche, outre les saisines émanant de l’exécutif, il pourra s’auto-saisir sur les sujets qu’il souhaitera étudier, à charge pour lui d’en rendre compte ensuite devant les élus. «  Sa crédibilité résidera dans la qualité de ses travaux, mais aussi dans le suivi au moins partiel de ses préconisations  », espère Didier Le Reste.

« En dépit des instances qui existent déjà, insiste Nicolas Bonnet-Oulaldj, la parole publique sera mieux entendue, avec un cercle citoyen plus large et une diminution du risque de voir certains groupes de pression confisquer cette parole. » Prenant l’exemple de la concertation sur une vaste ZAC (zone d’aménagement) de 70 hectares dans le 12e arrondissement, l’élu précise que les préoccupations des riverains sur les enjeux environnementaux du transport de marchandises comme sur le devenir des artisans actuellement hébergés dans une ancienne gare « sont évoquées seulement dans une phrase du rapport officiel établi, alors qu’ils ont longuement débattu, manifesté, pétitionné…  ». Et encore, soulignent les deux conseillers, «  là il y a eu concertation publique. Mais sur un sujet comme les JO, rien n’est prévu ! Le Conseil des générations futures, qui abordera les questions à l’échelle des années à venir pourrait donc aussi se brancher sur la question olympique… ».

GÉRALD ROSSI

http://www.humanite.fr/un-nouveau-porte-voix-tres-citoyen-577816

Publié le

25 juin 2015

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