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Voeu pour que Paris rende hommage aux grandes figures de la Révolution française

Vœu présenté par Alexis Corbière, le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche

Donner le nom d’une femme ou d’un homme à une rue de Paris n’est pas un acte anodin . C’est une haute responsabilité qui revient au Conseil de Paris. Une fois ce choix effectué et gravé dans la pierre, c’est une mémoire qui est transmise aux générations futures de parisiens, généralement pour longtemps.

Paris, par le nom de ses rues, mais aussi de certains de ses bâtiments, préserve ainsi une marque profonde, complexe et quelque fois contradictoire, de la longue et tumultueuse histoire de notre pays.

La République française, à laquelle la quasi unanimité de nos concitoyens sont désormais attachés, est née dans le fracas de la grande Révolution française qui mis fin pour la première fois en Europe à l’inique système monarchique. Ce moment fondateur a marqué la capitale, et la marque encore, plus de deux siècles plus tard. Mais, à bien y regarder, la toponymie de Paris nous montre une trace très déformée de ce grand évènement.

Plusieurs des grandes figures de la Révolution française, qui y ont joué un rôle politique essentiel, et dont les noms sont connus de tous les français, se voient encore comme interdites de cité, alors que d’autres très controversés ont une voie portant leur patronyme. Ces grands absents restent bien vivants dans la conscience de nos concitoyens, mais pour combien de temps ? S’il est bien sûr impossible de rendre un hommage exhaustif à tous ceux qui furent les acteurs de la Révolution, la représentation parisienne peut néanmoins corriger quelques anomalies flagrantes. De plus, il convient de remarquer que des femmes qui ont joué un rôle déterminant durant la grande Révolution sont totalement effacées, oubliées et donc méprisées.

Le Conseil de Paris doit réparer ces injustices et ces « trous de mémoires » que rien ne justifie.

C’est pourquoi, sur proposition d’Alexis Corbière, du Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, le Conseil de Paris demande :

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Jean-Paul Marat (1743 – 1793). Surnommé « l’Ami du peuple », Marat fut médecin, physicien, journaliste et aussi député de Paris en 1792 à la Convention. Assassiné par Charlotte Corday, ses restes furent installés pendant quelques mois au Panthéon tant l’émotion fut grande à l’annonce de son décès. Mais, durant la période dite de « Thermidor », son corps en fut retiré. En 1906, le Conseil municipal de Paris décida d’ériger une statue lui rendant hommage au Buttes Chaumont. En 1942, le régime de Vichy et l’occupant ordonnèrent qu’elle soit fondue.

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Louis Antoine de Saint-Just (1767 – 1794). « Saint Just » fut un des plus jeunes députés à la Convention. Il y défendra sans relâche l’égalité et la vertu. L’efficacité de ses missions redressera la situation de l’armée du Rhin et participera à la victoire des armées républicaines à Fleurus. Il fit notamment voter la confiscation des biens des ennemis de la République au profit des patriotes pauvres. Il est aussi l’inspirateur de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793. Si dans le 17e arrondissement, une petite rue porte déjà le nom de Saint-Just, selon nombre d’historiens elle n’honore pas le député mais un médecin ayant vécu dans le quartier au 19e siècle.

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Pauline Léon (1768 – 1838). En juillet 1793, Pauline Léon fonde avec Claire Lacombe « la Société des républicaines révolutionnaires », Société exclusivement composée de femmes, aux revendications sociales et féministes. Le 6 mars 1792, Pauline Léon se rend à la tête d’une délégation de citoyens à la barre de la Législative, fait inédit pour une femme, où elle lit une adresse signée par 320 Parisiennes demandant la permission d’organiser une garde nationale féminine.

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Claire Lacombe (1765 – 1798 ?). Avec Pauline Léon, Claire Lacombe a fondé la Société des républicaines révolutionnaires qui eut une importance significative à Paris durant la Révolution. Le 12 mai 1793, les Républicaines Révolutionnaires, à son initiative, demandent le droit de porter les armes pour les femmes afin de combattre en Vendée.

Publié le

12 juin 2013

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