Rechercher sur le site

Voeu pour que Paris rende hommage aux « Fusillés pour l’exemple » de la Première guerre mondiale (1914 – 1918)

Vœu présenté par Alexis Corbière, le groupe Communiste et élus du Parti de gauche en séance du Conseil de Paris du 15 octobre 2013.

En Janvier 2014, la saison du Centenaire débutera à l’Hôtel de Ville de Paris, par une grande exposition salon Prévost-Tapisseries, et un colloque sur les thèmes des « fusillés pour l’exemple » organisé par la délégation de ma collègue Catherine Vieu-Charier, répondant à un vœu voté au Conseil de Paris en 2010. Cependant, il nous paraît important pour la mémoire de Paris d’aller plus loin :

Considérant que l’année 2014 qui vient, car elle marque le Centenaire de cette grande tragédie, va être l’occasion dans notre pays et dans d’autres pays d’Europe, de nombreuses cérémonies et évènements rendant notamment hommage aux 11 millions de morts causés par la Première guerre mondiale (1914 – 1918),

Considérant que la Première guerre mondiale, pour notre seul pays, est responsable de la mort de près de 1,3 millions de soldats français, en a blessé 3 millions après en avoir mobilisé 8 millions d’hommes durant quatre années,

Considérant qu’en plus de toutes ces victimes mortes au combat dans des conditions terribles, dont aucune ne doit être oublié ni mise en concurrence avec les autres, il semble établi par tous les historiens, que l’armée française condamna à mort autour de 2 500 de ses propres soldats et en fusilla plus de 650 « pour l’exemple » afin généralement de faire régner la discipline militaire, à quoi il faudrait ajouter ceux qui ont subi des exécutions sommaires, l’exposition à une mort certaine, la condamnation aux travaux forcés, et dont le nombre n’est pas exactement connu des historiens,

Considérant qu’il semble établi que ces 650 exécutions « pour l’exemple » se sont généralement déroulées dans des conditions totalement arbitraires, pour des raisons absurdes, durant lesquelles les droits de la défense n’étaient pas assurés, et que ces exécutions avait d’abord, selon l’Etat major, pour volonté d’avoir un vocation exemplaire et « un effet dissuasif » sur le reste de la troupe,

Considérant qu’il est temps de réintégrer la mémoire de ces hommes fusillés dans notre mémoire collective et qu’il n’y a pas lieu de célébrer à l’occasion du Centenaire de la guerre de 1914 – 1918, des morts plus nobles ou plus dignes de pitié, des victimes plus innocentes ou plus consentantes,

Considérant que déjà, M. Lionel Jospin lorsqu’il était Premier Ministre en 1998, avait demandé, lors d’un discours à Craonne, que ces fusillés « réintègrent aujourd’hui pleinement notre mémoire collective nationale » et que M. Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, lui avait fait échos en 2008 à Verdun en déclarant : « Je veux dire au nom de la nation, que beaucoup de ceux qui furent exécutés ne s’étaient pas déshonorés, qu’ils n’étaient pas des lâches »,

Considérant qu’il est établi, selon tous les historiens, qu’il est impossible de bénéficier d’archives permettant de façon rigoureuse de réexaminer au cas par cas les raisons précises qui avaient entraîné que ces 650 soldats soit fusillés,

Considérant que dans ces conditions, la réhabilitation morale et civique des soldats « fusillés pour l’exemple » ne peut être que générale et collective,

Considérant que la Mairie de Paris devra notamment accueillir un colloque d’historiens à ce sujet, et que le cas des « Fusillés pour l’exemple » a fait l’objet d’un rapport d’historiens, rédigé sous la Direction de M. Antoine Prost, qui a été remis le 1er octobre à M. Kader Arif, Ministre délégué auprès de Ministre de la défense, chargé des Anciens Combattants,

Considérant que sans attendre les éventuelles conclusions que le gouvernement et le Président de la République tireront de ce précieux rapport d’historiens, Paris s’honorerait à prendre des initiatives rendant hommage aux « Fusillés pour l’exemple », cela pourrait servir d’inspiration à d’autres communes, sachant que certaines le font déjà et depuis de nombreuses années,

Le Conseil de Paris, sur proposition d’Alexis Corbière, du Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, émet le vœu que la ville de Paris désigne une rue, une place et/ou un lieu de mémoire public et pédagogique, accueillant une plaque commémorative mentionnant un hommage aux « Fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914 – 1918 »

Publié le

15 octobre 2013

Auteur-e-s