Rechercher sur le site

Voeu relatif à la dénomination d’une rue du nom de Jean Carpentier

Vœu présenté par Nicolas Bonnet-Oulaldj et les élu-e-s du groupe communiste-Front de Gauche en séance des 29, 30 septembre et 1er octobre 2014

Dans le cadre du travail de mémoire relatif à la Ville de Paris, il est important de rendre
hommage aux personnalités qui ont construit la vie des quartiers parisiens par leurs
différents investissements et particulièrement ici, dans le 12e arrondissement.
Jean Carpentier est l’un des acteurs marquants du quartier d’Aligre dans le domaine de la santé, de l’animation citoyenne et culturelle.

Médecin généraliste, il est né le 3 septembre 1935 à Paris, fils de parents médecins
communistes, Jean Carpentier les suit dans cet engagement politique dès l’âge de 18 ans. En 1964, à 29 ans, il participe à la création du Centre national des jeunes médecins. En 1968, il crée le Comité d’action santé et anime le journal TANKONAKASANTE. Il rédige le « Livre blanc de la réforme des études médicales ». Il s’installe comme médecin à Corbeil. Il décrit son travail comme le témoin de la vie des habitants et aux services de la collectivité et de sa population. Il devient particulièrement connu en 1971, lors de la rédaction d’un tract sur la sexualité « Apprenons à faire l’amour », distribué devant les lycées, suite à la demande de deux lycéens surpris en train de s’embrasser par un enseignant et dont l’administration avait écrit à leurs parents. Ce tract lui valut d’ailleurs une suspension d’exercice durant un an.

Il s’installe en 1979 au 94 rue de Charenton avec la docteure Clarisse Boisseau. Ils tissent des liens forts avec les habitants de ce quartier populaire et sont des membres actifs de la Commune libre d’Aligre, ils sont de toutes les luttes et notamment celles liées à la toxicomanie et à la prévention, au soutien et la mobilisation des personnes concernées par le VIH et les hépatites.

Jean Carpentier continue son combat dans ce sens et en 1992, avec Clarisse Boisseau et d’autres médecins, ils créent le Réseau des professionnels pour les soins aux usagers de drogues, il fonde, la même année, l’École Dispersé De Santé Européenne.

En 1998, il devient membre de la commission des stupéfiants et des psychotropes de l’agence en charge du médicament. En 2000, le ministre Bernard Kouchner le charge d’une mission auprès du directeur de la santé afin de sensibiliser et de former des médecins généralistes à la substitution des opiacés.

Il prend sa retraite en 2007 et décède le 9 juillet 2014 à Savigny-Le-Temple, toute la presse nationale lui rend alors hommage. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont : « La toxicomanie à l’héroïne en médecine générale : Manuel » 1994, « Journal d’un médecin de ville : médecine et politique, 1950-2005 » 2005. Le cabinet médical d’Aligre continue toujours d’exister et d’accueillir les habitants du quartier en appliquant les tarifs conventionnels de la sécurité sociale.

En conséquence, sur proposition de Nicolas Bonnet Oulaldj et des élu-e-s du groupe Communiste – Front de Gauche, de Catherine Baratti-Elbaz et des élu-e-s du groupe socialiste et apparentés, de Christophe Najdovski et des élu-e-s du groupe écologiste de Paris, le Conseil de Paris émet le vœu que :

Un espace ou un établissement public porte le nom de Jean Carpentier dans le 12e arrondissement de Paris.

Publié le

7 octobre 2014

Auteur-e-s