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Vœu relatif à la dénomination d’un lieu en hommage à Léon Zyguel

Déposé par Nicolas Bonnet et les élu-es du groupe Communiste-Front de Gauche

Léon Zyguel s’est éteint à Paris le 30 janvier 2015, durant la semaine de commémoration du 70ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, dans lequel il avait été interné. Arrêté avec ses frères et soeurs en 1942 dans les Landes, à quelques kilomètres de la ligne de démarcation, puis déporté, à l’âge de 15 ans, ayant pour seul « crime » d’être juif, Léon Zyguel, fut plongé dans l’enfer du système concentrationnaire et de la barbarie nazie. Il fut interné dans le camp d’Auschwitz, jusqu’en janvier 1945, date à laquelle il fut évacué du camp, et arriva au bout de 12 jours, de ce que l’histoire retint sous le nom de « marche de la mort », au camp de Buchenwald.

Dans ce camp, il est accueilli et soutenu par des Résistants, des déportés, qui lui proposent de s’engager à leur côté. Léon, tout jeune homme encore, y est devenu un combattant et participe avec les prisonniers à la libération du camp de Buchenwald, le 11 avril 1945.

Il fait preuve, lors de cette action libératrice, avec les autres prisonniers d’une humanité rare, cette même humanité qu’il garda chevillée au corps tout au long de sa vie, choisissant de faire prisonnier ses geôliers, pour qu’ils soient jugés, plutôt que de faire justice eux-mêmes...

C’est cet attachement à ce que la justice soit rendue, qui le poussa à apporter un témoignage essentiel en 1997 lors du procès de Maurice Papon, étant entendu de longues heures par la Cour d’Assise de Bordeaux.

Faisant sien le serment de lutter pour que jamais une telle abomination ne se reproduise, il choisit à la libération de s’engager au côté du Parti communiste et de l’Union des Jeunesses Républicaines de France (UJRF), ou sa rencontre avec Henri Kraszucki sera déterminante. Léon milite à l’intersyndicale du 20ème arrondissement, il a alors co-fondé le Comité École de la rue Tlemcen et a permis que soient gravés au sein même de chaque école les noms et les prénoms des petits parisiens déportés.

Durant ces mêmes années, il participe de toutes les manifestations contre les guerres coloniales et pour l’indépendance de l’Indochine, de l’Algérie et du Vietnam. Il milite activement au côté de la Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), dont il a été président du comité montreuillois, avant de devenir président du foyer des anciens combattants.

Tout au long de sa vie, Léon a cherché à témoigner et transmettre à la jeunesse, aux quatre coins de l’Île-de-France et à travers l’hexagone, la mémoire de la déportation, pour que « jamais plus ne surgisse la bête immonde ». Les témoignages de Léon ont marqué des générations d’élèves, et son histoire fut portée à l’écran dans le film « Les Héritiers » en 2014, ou il jouait son propre rôle...

Pour l’ensemble de ses activités militantes, et son travail de mémoire, Léon Zyguel reçu en 2010, des mains de Simone Veil, l’insigne de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.

L’hommage que nous nous apprêtions à lui rendre en lui remettant la médaille grand vermeil de la Ville de Paris est plus que jamais d’actualité : avec lui et pour honorer son combat nous refuserons toujours nous refuserons toujours l’injustice.

Sur proposition de Nicolas Bonnet-Oulaldj et des élu-es du groupe communiste-Front de Gauche, le conseil de Paris émet le vœu qu’un lieu public puisse porter le nom de Léon ZYGUEL}