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Voeu relatif à la mobilisation des travailleurs du salon de coiffure et de manucure du 57, boulevard de Strasbourg

Voeu présenté par Nicolas Bonnet-Oulaldj, Didier Le Reste et les élu-e-s du groupe communiste-Front de Gauche en séance des 29, 30 septembre et 1er octobre 2014

Adopté par le conseil du 10e arrondissement

Le 22 mai dernier, les 18 travailleurs, en très large majorité des femmes, du salon de coiffure et de manucure situé au 57 boulevard de Strasbourg, se sont mis en grève. Cela faisait plusieurs mois qu’ils n’étaient pas payés. Ces travailleurs dénoncent des pratiques d’un autre temps, devant travailler de 9h à 23h pour être payés entre 200 et 400 Euros par mois, quand ils l’étaient, dans des conditions d’hygiène et de sécurité déplorables, avec peu ou pas d’aération et l’utilisation de produits toxiques.

Le 7 juin, l’action menée par les travailleurs du 57 boulevard de Strasbourg, avec l’appui de la CGT, apporté ses fruits : le gérant a accepté de fournir aux travailleurs des contrats de travail, des fiches de paie et des formulaires CERFA de demande d’autorisation de travail pour salarié étranger.

Le 24 juillet, les salariés ont appris la mise en liquidation judiciaire du salon de coiffure, mettant un coup d’arrêt à leur nouvelle vie de salariés déclarés et aux procédures de régularisation enclenchées. Depuis lors les salarié-e-s occupent jour et nuit le salon de coiffure.

Le 6 août, les salarié-e-s et la CGT ont porté plainte contre X pour : rétribution inexistante ou insuffisante du travail d’une personne vulnérable ou dépendante ; soumission d’une personne vulnérable ou dépendante à des conditions de travail indignes ; traite d’êtres humains commise à l’égard de plusieurs personnes ; exécution de travail dissimulé ; emploi d’un étranger non muni d’une autorisation de travail salarié ; escroquerie et banqueroute.

Considérant que ces personnes se battent contre le travail dissimulé, contre tout un système organisé qu’elles vont jusqu’à qualifier de « mafieux », en plein cœur de Paris ;

Considérant que cette grève fait suite à la mobilisation des travailleurs du salon de coiffure et de manucure situé au 50 boulevard de Strasbourg et que l’ouverture du dialogue avec les travailleurs vulnérables, précédemment silencieux sur leurs conditions de travail, ouvre de nouvelles possibilités de résolution de la situation de non-droit qui domine dans les salons du quartier Château d’Eau où plus de 1500 personnes sont vraisemblablement employées ;

Considérant que le règlement positif de la situation de ces salarié-e-s qui ont dénoncé leurs conditions de travail aurait un impact positif sur l’ensemble de la zone Château d’Eau, bénéfiques tant aux travailleurs, aux autres commerces ainsi qu’aux riverains ;

Considérant que les femmes et hommes qui occupent le salon disent faire face à la pression et aux intimidations des gérants de salons du quartier ;

Considérant l’urgence d’un règlement de la situation administrative de ces personnes, qui faute d’autre option risqueraient de repartir dans la clandestinité dans des conditions pires que précédemment ;

Considérant que la non-protection des salarié-e-s ayant porté plainte enverrait un signal dramatique de tolérance des pratiques de travail dissimulé et d’exploitation envers les autres gérants de salons du quartier Château d’Eau, et aussi au-delà ;

Pour ces motifs, sur proposition de Didier Le Reste et les élu-e-s du groupe Communiste-Front de Gauche, Rémi Ferraud et les élu-e-s du groupe socialiste et apparentés et Anne Souyris et les élu-e-s du groupe écologiste de Paris le Conseil de Paris émet le vœu que :

-  Le Conseil de Paris apporte son soutien aux travailleurs du 57 boulevard de Strasbourg et à leurs revendications pour le respect des droits fondamentaux des personnes ;

-  M. Le Préfet de Police prenne des mesures urgentes, à commencer par la régularisation, pour assurer la protection des travailleurs du salon situé au 57 boulevard de Strasbourg, qui ont dénoncé un système organisé d’exploitation et de recrutement de personnes en situation de vulnérabilité dans les salons de coiffures et de manucure du quartier Château d’Eau ;

-  Le Procureur de la République se saisisse avec la plus grande vigilance de cette plainte concernant la traite d’êtres humains en plein cœur de Paris ;

Publié le

7 octobre 2014

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