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Voeu relatif à la situation des coiffeurs et manucures du 57 boulevard de Strasbourg

Déposé par Didier Le Reste et Nicolas Bonnet au nom du groupe Communiste-Front de Gauche

Le Conseil de Paris s’est saisi le 1er octobre 2014, de la situation de 18 femmes et hommes, coiffeurs et manucures au salon du 57 boulevard de Strasbourg (Paris 10ème) qui ont dénoncé l’exploitation dont ils étaient victimes.

Ces travailleurs refusent des pratiques d’un autre temps, devant travailler de 9h à 23h pour être payés entre 200 et 400 euros par mois, quand ils l’étaient, dans des conditions d’hygiène et de sécurité déplorables, avec peu ou pas d’aération et l’utilisation de produits toxiques, sans contrat de travail.

Des conditions de travail indigne de la capitale du « pays des droits de l’Homme ».
Une plainte a été déposée le 6 août pour « traite d’êtres humains », « faillite frauduleuse », « escroquerie », « conditions de travail indignes », « abus de vulnérabilité », « rétribution inexistante ou insuffisante ».

Pour la première fois dans le quartier du château d’eau, des travailleurs se sont exprimés ouvertement auprès des services de l’Etat. Et ce malgré les menaces et les pressions dénoncées par les salariés.

Le 16 septembre 2014 trois militants politiques et syndicaux ont porté plainte pour des menaces de morts reçues devant le salon de coiffure du 57 boulevard de Strasbourg.
Le 9 octobre 2014, l’inspection du travail a fait savoir par courrier qu’elle a relevé nombre d’infractions qui, à son sens, « pourraient permettre de caractériser le délit de traite des êtres humains prévu et réprimé par l’article 225-4-1 du Code Pénal ». Ces informations ont à notre connaissance été transmises au Parquet de Paris dans le cadre de l’obligation de l’inspection du travail de l’article 40 du code de procédure pénale.

Le Conseil de Paris a demandé à M. Le Préfet de Police de prendre des mesures urgentes, à commencer par la régularisation, pour assurer la protection des travailleurs du salon situé au 57 boulevard de Strasbourg, qui ont dénoncé un système organisé d’exploitation et de recrutement de personnes en situation de vulnérabilité dans les salons de coiffures et de manucure du quartier Château d’Eau ; et au Procureur de la République de se saisir avec la plus grande vigilance de cette plainte concernant la traite d’êtres humains en plein cœur de Paris.

Si 4 salariés avaient des papiers au début de la grève, aujourd’hui 14 salariés et leur famille sont dans une situation de très grande détresse.

La procédure en cours au pénal peut durer de nombreux mois voire des années. Dans ce laps de temps ces hommes et ces femmes en situation de grande vulnérabilité doivent être protégés par l’Etat. Cela ne peut passer que par la possibilité pour ces hommes et ces femmes de se reconstruire et de pouvoir travailler et vivre légalement sur le territoire français.

Pour ces motifs, sur proposition de Didier Le Reste et de Nicolas Bonnet-Oulaldj au nom du groupe communiste-Front de Gauche, le Conseil de Paris :

- réitère auprès de la Préfecture de police la demande d’engager la régularisation des travailleurs du salon situé au 57 boulevard de Strasbourg, afin d’assurer en urgence leur protection au regard du contexte de pressions et de menaces dont ils sont l’objet depuis le début du conflit et accentué par le dépôt de plainte en août dernier ;
- demande au Premier Ministre ou au Ministre de l’intérieur de recevoir une délégation de représentants des soutiens des coiffeurs et manucures du 57 boulevard de Strasbourg, composés entre autres d’élus parisiens, aux fins d’engager les mesures nécessaires à l’application des lois de la République dans tous les quartiers parisiens.