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Voeu relatif au maintien de la métallerie Grésillon

Séance du Conseil de Paris des 29, 30, 1er et 2 juillet 2015

Sur proposition de Nicolas Bonnet Oulaldj, des élu-e-s du Groupe Communiste – Front de Gauche, de Jérôme Gleizes et du groupe écologiste de Paris

Considérant que la Ville de Paris a préempté en 2005 les propriétés situées au 37, rue Bisson – 48, rue Ramponeau, aujourd’hui propriétés de la SEMAEST dans le cadre de la convention publique d’aménagement (CPA) passée entre la SEMAEST et la Ville ;

Considérant que le motif de la préemption, dans le cadre de cette CPA, était de « favoriser l’extension de la diversité commerciale et des activités économiques de proximité sur le secteur de Belleville » ;

Considérant que les parcelles préemptées accueillent aujourd’hui un atelier d’artiste occupé, un entrepôt vide, anciennement occupé par la société Maestrini et l’entreprise Grésillon, en fonctionnement ;

Considérant que l’entreprise Grésillon est une entreprise de Métallerie, une des dernières de Paris, qui emploie 7 personnes et accueille en continu un stagiaire ou apprenti de lycée professionnel, offrant par là-même à de nombreux jeunes, depuis 10 ans, des débouchés dans un secteur artisanal rare à Paris ;

Considérant que l’activité de l’entreprise génère de nombreux emplois induits : laqueur, polisseur, menuisier, miroitier...etc. ;

Considérant que l’entreprise Grésillon était déjà en activité au moment de la préemption, et que, de facto, son activité a été sauvée du fait de la préemption de l’immeuble d’une opération de spéculation immobilière de l’ancien propriétaire, Monsieur Lacroix ;

Considérant le risque juridique et financier pour la Ville que l’ancien propriétaire se considère spolié si la SEMAEST réalisait une opération immobilière refusée à l’ancien propriétaire ;

Considérant l’enjeu de maintenir et de développer de l’emploi dans la capitale et notamment de l’emploi ouvrier, artisanal et de production ;

Considérant qu’une mission d’information et d’évaluation de la Ville de Paris sur « Fabriquer à paris pour relever les défis sociaux et environnementaux : quelles filières industrielles d’avenir ? » doit rendre ses travaux début juillet ;

Considérant que la cour est occupée à rez-de-chaussée par de nombreux ateliers d’artistes et que des synergies fortes se sont nouées entre les artistes et l’entreprise ;

Considérant que le 48, rue de Ramponeau est un lieu historique de Belleville contre la
politique de destruction urbaine de la période Chirac/Tiberi/Bariani avec notamment la
création des Ateliers d’Artistes de Belleville en 1989 ;

Considérant que la cour concernée, d’un point de vue urbain, architectural et de mixité fonctionnelle, constitue un témoin actif du tissu urbain historique de Belleville ;

Considérant que la SEMAEST a signé une promesse de vente avec un promoteur, en vue de la réalisation d’une auberge de jeunesse d’environ 200 lits, en lieu et place de l’entreprise Grésillon notamment ;

Considérant l’existence d’une auberge de jeunesse en toute proximité du site, rue Julien Lacroix, et d’un projet boulevard de Belleville ;

Considérant l’opposition des habitant-es de la cour et de nombreux-ses riverain-es qui se sont exprimé-es contre ce projet privé dans le cadre d’une pétition ;

Considérant la volonté de la Maire de Paris d’une démarche de démocratie participative ;

Sur proposition de Nicolas Bonnet-Ouladj et des élu-es du groupe Communiste-Front de gauche, de Jérôme Gleizes et des élu-es du Groupe écologiste de Paris (GEP), le Conseil de Paris émet le voeu :

- Que l’entreprise Grésillon soit maintenue sur site et poursuive ses activités, de même que l’atelier d’artiste propriété de la SEMAEST ;

- Qu’un rachat de ces parcelles occupées soit opéré par l’Établissement Public Foncier d’Île-de-France sur la base d’une convention longue ou d’un opérateur de la Ville de Paris, tel que la RIVP, afin que l’activité soit maintenue et pérennisée ;

- Qu’un projet alternatif soit travaillé sur la parcelle vacante de l’ancienne entreprise
Maestrini, autour du développement des activités artisanales et artistiques, dans l’esprit du tissu économique et urbain historique de Belleville ;

- Que tout projet soit discuté en amont avec les associations, les entreprises, les habitant-e-s du quartier et non imposé par un promoteur.

Ce vœu a été retiré au profit d’un vœu de l’exécutif actant la suspension de la vente et la concertation du projet avec les habitants et les associations du quartier

Publié le

1er juillet 2015

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