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Voeu relatif au maintien des urgences de l’Hôtel-Dieu

Vœu présenté par Ian Brossat, Danielle Simonnet, le groupe Communiste et élus du Parti de gauche en séance du Conseil de Paris du 25 mars 2013.

Considérant que le vote de la Commission médicale d’établissement de l’AP-HP, du 14 novembre 2012, propose la suppression définitive des urgences de l’Hôtel-Dieu ;
Considérant la très forte mobilisation d’une large partie du personnel et de la communauté médicale de l’AP-HP contre ce projet ;
Considérant que des investissements importants ont été réalisés il y a moins de 5 ans pour la remise à neuf du service d’accueil des urgences de l’Hôtel-Dieu ;
Considérant qu’à la date du 13 mars dernier, une note adressée par le Directeur du groupement hospitalier Cochin-Broca-Hôtel Dieu et le Président de la CMEL à l’intention des chefs de service – rendue publique par la presse – précise qu’un transfert d’une partie des urgences de l’Hôtel-Dieu supposerait de « revoir l’organisation de l’admission des patients dans les services de spécialité de l’hôpital Cochin et de l’hôpital Broca, en aval des urgences » ; dispositif qui, dans le fonctionnement actuel, n’est déjà pas réalisé ;

Considérant que dans cette même note il est indiqué que la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu entraînerait une remontée partielle des passages aux urgences sur le site Cochin, entre 12 000 et 15 000 passages supplémentaires par an d’après les estimations de la Direction médico-administrative ;
Considérant que ni l’hôpital Cochin, ni l’hôpital Lariboisière, ni aucun autre hôpital parisien ne pourront accueillir des patients supplémentaires, tant les urgences des hôpitaux parisiens sont déjà surchargées ;
Considérant que cette note révèle, de fait, qu’aucun schéma de fonctionnement médical, d’organisation des soins médicaux de type SAU n’a été élaboré préalablement sur les sites Cochin et Brocca, en prévision du transfert « des activités d’urgence » en provenance de l’Hôtel-Dieu.
Considérant l’emplacement idéal de l’Hôtel-Dieu, plus ancien hôpital d’Europe, situé au centre de Paris et à proximité de nombreux transports en commun et axes de communication rend son service d’urgences facile et rapide d’accès pour toutes les Parisiennes et tous les Parisiens, conférant à ce service une accessibilité unique en Ile-de-France ;
Considérant que l’Hôtel-Dieu reçoit 120 000 patients en urgences chaque année, notamment pour des services uniques à Paris d’urgences ophtalmologiques et médico-judiciaires ;

Considérant que 75 000 femmes sont violées chaque année en France, que 80 % d’entre elles ne portent plainte ;
Considérant que les premiers soins sont indissociables de la prise en charge des victimes de viol ;

Considérant l’engagement de la Ville de Paris contre les violences faîtes aux femmes, notamment grâce aux subventions accordés au CIDFF de Paris qui, depuis deux ans, assure une permanence au sein de l’unité médico-judiciaire de l’Hôtel Dieu, aujourd’hui menacée ;

Considérant le courrier adressé à Mireille Faugère, fin octobre 2012, par le Maire de Paris, dans lequel il exprime son attachement aux urgences et à leur pérennité sur le site de l’Hôtel-Dieu ;

Considérant que ce projet de démantèlement serait particulièrement nuisible pour la population parisienne, en particulier pour les personnes les plus fragilisées ;

Sur proposition de Ian Brossat, Danielle Simonnet, du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, le Conseil de Paris demande à la Direction Générale de l’AP-HP de renoncer à tout projet de fermeture des urgences de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu et de garantir la pérennité du service d’urgence sur le site de l’Hôtel-Dieu.

Publié le

25 mars 2013

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