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Voiture à Paris : avant d’interdire, des alternatives pour tous

Le comité de pilotage du plan climat qui s’est tenu hier a dévoilé des objectifs ambitieux pour Paris, et établi une liste de mesures les réaliser. Parmi celles-ci, l’interdiction des voitures à essence dans Paris d’ici 2030.

Le groupe communiste se félicite ainsi que les questions relatives à la lutte contre le réchauffement climatique et à l’amélioration de la qualité de l’air soient abordées avec beaucoup d’ambition.
C’est particulièrement important au regard des enjeux sanitaires et environnementaux.
Mais cela peut et doit se faire en prenant aussi en compte la question sociale. Pour permettre à toutes les classes sociales de vivre sur Paris ou en Ile de France, notre stratégie doit proposer des alternatives.

De nombreux Parisiens et Franciliens, souvent issus des classes populaires, ont besoin de leur véhicule. Les salarié-es qui travaillent en horaires décalés, celles et ceux pour qui il est impossible de se loger dans Paris, ou celles et ceux en situations de handicap ne peuvent par exemple pas se passer de leur véhicule. En l’état actuel, les motorisations électriques sont inaccessibles à la très grande majorité des ménages.

Ce serait une erreur de créer une frontière entre Paris et la banlieue. Notre stratégie doit s’accompagner d’une offre alternative de transports publics à la hauteur des besoins de chacun, accessibles à toutes et tous, et assurant une meilleure liaison entre les territoires.
Nous pensons que la première des urgences est l’amélioration des transports publics (RER B), la mise en œuvre d’une offre nouvelle (ligne 15 et 17 du métro).
En revanche, le projet du CDG Express ne propose aucune amélioration des conditions de transports au quotidien des franciliens.

Alors que 90% du fret est routier il est primordial de privilégier le fret ferroviaire et fluvial comme alternatives aux véhicules automobiles. La priorité est à l’intermodalité.

Notre action doit donc être coordonnée au niveau francilien et national.
Une politique audacieuse de l’État amplifiant et accélérant le processus de changement du type de véhicule est nécessaire, de même que le développement des bornes de rechargement et des infrastructures liées à ces technologies non carbonées.
Il faut également que les entreprises et entités publiques mais aussi les collectivités locales s’engagent en ce sens en remplaçant leur flotte de véhicules essence par des véhicules propres.

Le groupe communiste front de gauche au Conseil de Paris a déjà déposé de nombreux vœux pour que les mesures concernant la limitation de l’usage de la voiture individuelle dans Paris soient progressives et acceptables par tous. Nous resterons particulièrement vigilants sur ces questions et nous continuerons d’affirmer que l’écologie ne peut être que sociale et non-punitive.