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courrier à l’attention de Mme Najat Vallaud Belkacem concernant les fermetures de classes des écoles élémentaires-maternelles à Paris

Madame la Ministre,

Les annonces du rectorat de Paris présentées en comité technique académique du 7 avril suscitent dans la communauté éducative des réactions fortes et parfaitement justifiées. Les mesures annoncées auront des conséquences néfastes sur le service public de l’éducation à Paris.

Les 78 fermetures de classe, contre 26 ouvertures, comme l’annonce d’aucun recrutement supplémentaire dans les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), témoignent d’un recul de l’encadrement dans les écoles de notre capitale, où l’on peut pourtant constater des inégalités fortes et des besoins réels en postes supplémentaires. Elles dégraderont les conditions de travail des enseignants comme les conditions d’apprentissage des enfants.

De même, la non- création de postes supplémentaires dans le volant remplacement, alors que les besoins sont criants à Paris, fragilisera encore plus les conditions d’apprentissage des enfants. Et accentuera l’embauche d’emplois précaires dans un service public qui à, plus que jamais, besoin de stabilité.

Enfin, nous sommes assez déçus que le dispositif « plus de maîtres que de classes », annoncé comme la nouveauté du projet gouvernemental sur l’école, ne soit mis en place qu’avec parcimonie à Paris.

Alors que le décalage entre les besoins des écoles et les effectifs mis en place pour y répondre sont démontrés depuis de nombreuses années à Paris par les enseignants, les parents d’élèves comme les élus locaux, l’argument d’anticipation de la baisse démographique ne peut à nos yeux justifier un tel recul.

Alors que les inégalités s’aggravent dans notre pays, que les inégalités scolaires touchent Paris comme d’autres villes en France, l’Education Nationale doit mettre les moyens pour garantir à l’ensemble de la communauté éducative les meilleures conditions de travail et d’apprentissage possibles.

Ces fermetures seront particulièrement néfastes dans les quartiers populaires de notre ville et augmenteront encore davantage les difficultés vécues au quotidien par leurs habitants.

C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la Ministre, de revenir sur les décisions annoncées par le Rectorat de Paris, et de revoir la politique de recrutement à Paris pour la prochaine rentrée scolaire, afin de garantir les conditions de réussite pour une communauté éducative Parisienne qui doit déjà composer avec un grand nombre de difficultés.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de ma profonde considération.

Nicolas Bonnet Oulaldj

Publié le

10 avril 2015

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