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débat organisé sur le logement

Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Je me félicite de cette communication qui articule quantité de production et la qualité de vie avec l’implication citoyenne.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la politique du logement menée par la majorité de gauche est un véritable poil à gratter pour nos collègues de droite.

Pas une séance du conseil, où l’un de ces aspects n’est remis en cause, la construction, l’achat, la transformation de bureaux vides, la volonté d’accélérer la mise sur le marché de logements vides en maintenant l ’amélioration de la gestion locative, rien ne vous va.

Cette politique que vous avez qualifiée de bolchevique, de soviétique vous avez oublié de dire moscoutaire, n’est pourtant qu’une politique qui répond à la première préoccupation des parisiens. L’intervention publique, c’est l’intervention dans le sens de l’intérêt général.

100 000 parisiens sont en attente d’un logement, 70% sont éligibles au plafond PLS et nous devrions baisser la garde ?

Nous avons mis au cœur de cette mandature l’inversion de la courbe en matière de logements sociaux par rapport au plan national et nous le faisons. C’est l’engagement de l’ensemble de la majorité.

Nous respectons nos objectifs et voyez-vous on aurait pu l’appeler plan quinquennal pour le logement à Paris mais cela aurait été une provocation inutile.

La démonstration de la droite est classique. D’ailleurs votre collègue et amie Madame Pécresse vient de changer les règles d’attribution des aides régionales, en critiquant les villes qui continuent de vouloir créer et améliorer le parc social alors qu’elles dépassent le plafond SRU à travers un dispositif anti-ghetto.

Faut-il rappeler que l’arrivée de la droite dans certaines communes de banlieue a fait reculer la construction de logements neufs et en particuliers sociaux ?

Je m’oppose, comme mes collègues à la Région, à cette politique brutale qui stigmatise les habitants du logement social qui oublie la réalité de celles et ceux qui sont victimes de marchand de sommeil dans le parc privé. Les « ghettos » comme vous dites, sont issus de votre politique du logement dans les années 70 qui a repoussé en banlieue les parisiens les plus modestes. Le Bois l’Abbé, les 4000, Bondy Nord, en sont l’illustration.

Si quelques-uns, sur nos bancs, avaient l’idée de relancer cette politique de construction hors les murs et sans que les élus de banlieue ne soient d’accord nous nous opposerons à cette orientation.

Nous avons peu à peu et non sans mal rapproché la gestion de ces grands-ensemble, des offices locaux et c’est une bonne chose. Maintenant que la confiance est renouée, ne changeons pas de logique, ni de politique. Coopérer oui, décider à leur place non.

Pour ce qui est de Paris,si je traduis anti-ghetto de la présidente de Région, cela veut dire qu’elle regardera donc avec bienveillance les projets de logements sociaux dans les arrondissements parisiens les moins pourvus. Nous lui transmettrons donc tous les projets de logements dans les arrondissements déficitaires.

D’ailleurs, si la Présidente de la Région déménage les locaux du 7eme arrondissement, nous vous proposons de les préempter pour faire du logement social dans l’arrondissement qui a le record du taux le plus faible de logements sociaux, soit moins de 2%.

Celles et ceux qui souhaiteraient que l’on baisse la voilure ont tort. Chaque nouveau logement, chaque réhabilitation, chaque opération d’entretien, c’est de l’emploi et de l’emploi non délocalisable. Ce sont des filières que l’on défend comme celles qui existent en matière de transition énergétique, en isolation etc etc…

La position de votre groupe est en permanence une marque d’égoïsme et d’entre soi incroyable. Vous avez lutté contre l’anonymisation des dossiers, contre le scoring, contre la mixité des quartiers et maintenant contre l’amélioration de la gestion locative. Pour le dire plus simplement, vous êtes contre le logement social.

Sachez que les objectifs seront tenus malgré votre guerre de tranchée.

La lutte des classes que certains ont trop vite enterrée existe bel et bien. Il ne s’agit pas pour nous d’un affrontement forcément violent. Mais la violence désormais est bien de votre côté. Les propos entendus à l’université Paris dauphine ne vous grandissent pas. Ils montrent en revanche que nous avons vu juste.

Et contrairement à ce que vous pensez ce n’est pas de la provocation, mais bien une volonté de rééquilibrage, comme nous avons déjà eu l’occasion de vous le dire, qui nous guide. Et les propositions de localisations pour d’autres centres d’hébergement dans votre arrondissement, prenons les au sérieux, ce sera un plus pour les plus démunis des parisiens.

Nous souhaitons que sur ce sujet, comme sur les autres, la courtoisie républicaine soit respectée et le moins que l’on puisse dire c’est qu’après avoir soufflé sur les braises au sujet du projet de l’allée des fortifications, vous avez bien du mal à les éteindre.

Qui sème le vent, je vous laisse finir la phrase.

Je vous remercie.

Publié le

29 mars 2016

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