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Le 16ème arrondissement n’est pas une république autonome

Hervé Bégué a rappelé que 21 personnes sans-domicile-fixe sont mortes à Paris depuis le début de l’année. Non pas de froid, mais de pauvreté et d’exclusion. La solidarité envers les plus pauvres un axe majeur de la mandature et tous les arrondissements doivent agir. Le 16e arrondissement est le seul arrondissement à n’accueillir aucun centre d’hébergement d‘urgence. Celui-ci prévoit d’accueillir près de 200 personnes.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Cette délibération, si courante, si commune dans notre assemblée : une garantie d’emprunt pour une association qui va porter un projet de centre d’hébergement, aurait pu, aurait dû, passer inaperçue.

Tel n’a pas été le cas et ce projet est devenu un point d’achoppement entre une partie de la population parisienne qui pense que l’occupation du bois de Boulogne est possible quand il s’agit du Polo ou de la restauration de luxe mais pas pour ouvrir un centre à celles et ceux d’entre nous qui n’ont pas de toit sur la tête.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Nous avons soutenu avec ferveur le projet de Dominique Versini sur la grande précarité, comme grande cause de la mandature, mais en fait certains sur ces bancs considèrent que la solidarité doit s’arrêter à la frontière de l’ouest parisien.

Et bien non mesdames et messieurs du groupe les Républicains, il ne doit pas y avoir de zones de non droit. Et en l’espèce, ce projet, est un projet qui va améliorer la situation de centaines de personnes dans la précarité, voilà pourquoi nous le soutenons.

Tenez dans un autre registre celui de la « radicalisation » comme on le dit communément. Accepteriez-vous sur votre territoire du 16 ème arrondissement un centre qui rassemble ces personnes radicalisées, alors que vous en exigez la multiplication sur les bancs de l’Assemblée Nationale ? Je suis certain que vous trouveriez toutes les raisons du monde de ne pas les accueillir.

Vous n’êtes pas à une contradiction près.

Il était de tradition dans la campagne d’où je viens de parler de charité. Et en ces jours de Pâques, ne réservait on pas une assiette pour le pauvre ou le mendiant qui pouvait venir toquer à la porte ?

Avec vous, même cette charité chrétienne n’a plus sa place dans le beau 16 ème.
C’est regrettable, je préfère me souvenir de Monseigneur Myriel qui ment aux gendarmes quand jean Valjean lui vole les chandeliers, ou des pages de Germinal quand de la femme du propriétaire des mines offre de la brioche aux enfants de la Maheude.

Il y avait du paternalisme dans tout cela et surtout une volonté de ne pas changer l’ordre établi : chacun à sa place, mais au moins il y avait quelques élans de générosité, dus au sentiment de culpabilité.

Au 19 ème siècle, les riches pouvaient parfois se sentir coupables pour ne pas dire pêcheurs quand ils n’aidaient pas leur prochain. La charité était une vertu.
Désormais le cynisme et la froideur du coffre-fort a remplacé la nécessaire solidarité dans une société, où 1% des riches possèdent autant que les 99 restant.
Alors s’il ne vous reste que cela, écoutez un communiste à la Peppone qui demande que vous soyez plus près de Don Camillo que de Margaret Thatcher.
« La bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise
dans les eaux glacées du calcul égoïste."

Ainsi s’exprimait Marx dans le Manifeste et comme on dit chez moi, à vous écouter, il n’a pas tort.

Je vous remercie.

Publié le

8 avril 2016

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