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Salle de consommation à moindres risques sur le site de l’Hôpital Lariboisière

Les élus PC/FDG soutiennent depuis plusieurs années l’ouverture de la SCMR et ce dans le cadre d’une expérimentation. Nous nous félicitons que le travail mené depuis longtemps puisse enfin se concrétiser. A quelques mois de l’ouverture de cette salle nous devons tout faire pour que cette celle-ci se passe dans les meilleures conditions possibles, pour qu’elle puisse améliorer la prise en charge des toxicomanes et la vie des habitants des quartiers.

Retrouvez l’intervention de Didier Le Reste

Nous avons déjà eu à plusieurs reprises l’occasion d’exprimer notre position qui est celle de la gauche parisienne, que ce soit au sein de cet hémicycle ou lors de la campagne électorale de 2014 que électeurs parisiens notamment ceux du 10ème ont approuvé, les élus communistes-Front de Gauche soutiennent donc depuis plusieurs années l’ouverture d’une Salle de Consommation à Moindre Risque (SCMR) et ce dans le cadre d’une expérimentation.

Nous nous félicitons que le travail mené depuis de nombreuses années puisse enfin se concrétiser. Et je tiens d’ailleurs à saluer ici, l’engagement de notre camarade Alain Lhostis qui c’est beaucoup investi sur ce dossier lorsqu’il était adjoint au Maire de Paris en charge de la santé.

De nombreux débats, plus ou moins vifs, ont eu lieu depuis que ce projet est sur les rails et cela n’est pas anormal, bien au contraire.
Je tiens d’ailleurs également à saluer le travail d’information et de médiation réalisée par l’association GAIA, qui a notamment réalisé des réunions d’appartements avec les habitants du quartier pour échanger sur les modalités d’ouverture de la SCMR, ce qui contribue à dépasser des inquiétudes face à un dispositif nouveau et donc méconnu.

Je pense que notre rôle, notre responsabilité aujourd’hui en tant qu’élus locaux à quelques mois de l’ouverture de cette salle est de tout mettre en œuvre collectivement pour que cette ouverture se passe dans les meilleures conditions possibles, pour qu’elle puisse améliorer à la fois la prise en charge des toxicomanes et la vie des habitants des quartiers.

Ne nous voilons pas la face, Paris est confrontée à la présence d’usagers de drogues dans l’espace public, qui rend difficile la vie quotidienne dans certains quartiers du fait de nuisances liées à des altercations, voire des agressions, des seringues laissées dans la rue, dans les jardins publics, où à proximité d’écoles…

Les expériences étrangères nous indiquent que ces difficultés sont sensiblement réduites du fait de l’ouverture de salle de consommation à moindre risque. Les études font état d’une diminution rapportée de l’injection en public ainsi que d’une diminution des déchets abandonnés dans l’espace public.
Les résultats constatés vis-à-vis des toxicomanes, sont également positifs, même si certaines choses peuvent certainement être améliorées.

Les études montrent clairement que tous les centres d’injections supervisées (CIS) déjà existant ont fait la preuve de leur capacité à assurer un fonctionnement stable, garantissant de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité pour les usagers et les personnels.

Les CIS ont également fait leur preuve sur la réduction de la mortalité liée aux overdoses, ainsi qu’une diminution des maladies liées à l’injection et des comportements à risque de transmission du VIH.

En plus des soins fournis sur place, les intervenants dans les CIS peuvent orienter les usagers vers des structures de soins généraux ou de traitement de la dépendance, ainsi que vers une prise en charge par les services sociaux. Il s’agit de créer un lieu refuge, un lieu d’accès à des soins de base et un trait d’union vers d’autres services pour les usagers à haut risque.

Ce n’est pas un lieu qui vient en concurrence avec les structures de soins déjà existantes, GAIA travaille d’ailleurs étroitement avec les services d’addictologie de l’hôpital Fernand Widal. C’est un outil supplémentaire de réduction des risques sanitaires, qui vient en complément par exemple la distribution gratuite de seringue propre.
La question de la salle de consommation à moindre risque est un sujet sensible, qui touche à des situations humaines de grande précarité et au vivre ensemble dans certains quartiers.

Seule une approche pragmatique, qui tient compte des réalités du terrain et des échanges avec l’ensemble des acteurs impliqués, nous permettra de préparer l’ouverture de la salle de consommation à moindre risque dans les meilleures conditions. C’est pourquoi je salue la mise en place d’un comité local de suivi de ce projet qui réunira, avant l’ouverture, riverains, élus, institutions et professionnels de divers horizons.

Le fonctionnement de la SCMR fera également l’objet d’une évaluation scientifique par l’INSERM, ce qui permettra de réaliser un bilan sérieux et argumenté de la mise en place de ce dispositif à Paris et de réaliser le cas échéant les ajustements nécessaires pour garantir l’utilité de la SCMR pour tous les Parisiens.

Vous l’avez compris, nous voterons cette délibération.

Je vous remercie.

Publié le

8 avril 2016

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